Entrée à l'université: APB, fin du tirage au sort, orientation… Que prévoit le plan étudiants du gouvernement ?

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Le gouvernement a présenté ce lundi ses mesures pour réformer l'accès à l'enseignement supérieur...

L.C.
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Pré-rentrée des étudiants en sciences de l'université de Provence située dans le quartier Saint-Charles à Marseille, le 6 septembre 2010.
Pré-rentrée des étudiants en sciences de l'université de Provence située dans le quartier Saint-Charles à Marseille, le 6 septembre 2010. — Patrice Magnien/20 Minutes
  • Le « plan étudiants » du gouvernement prévoit la fin de la sélection par tirage au sort dans les filières universitaires pour lesquelles le nombre de candidats excède le nombre de places.
  • A la place, les étudiants seront sélectionnés en fonction de leurs aptitudes.

Le gouvernement a présenté ce lundi son « plan étudiants ». Le Premier ministre Edouard Philippe, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal en ont expliqué les grandes lignes lors d’une conférence de presse à Paris. Voici comment l’exécutif compte modifier l’accès à l’université, les conditions de vie des étudiants et l’orientation des lycéens.

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Fin du tirage au sort pour entrer à l’université

C’est confirmé :il n’y aura plus de tirage au sort pour l’entrée dans les filières universitaires les plus demandées, dès la rentrée 2018, contrairement à ce qui se pratique depuis plusieurs années. Elle permettra aux bacheliers de faire leurs demandes pour l'enseignement supérieurs, de se renseigner sur les «attendus» des filières, les débouchés et taux de de réussite des formations.

Les lycéens devront dès 2018 faire dix vœux de formations maximum, contre 24 actuellement. Ils ne les classeront plus. Chacune de leurs candidatures seront examinée par les équipes pédagogiques des filières d’enseignement supérieur demandées.

Une sélection dans les filières trop demandées

Si une filière non sélective reçoit trop de candidatures, une sélection s’effectuera « en fonction de la motivation et des aptitudes du candidat, de son parcours lycéen », selon les mots d’Edouard Philippe. Un comité d’éthique devrait être mis en place dès janvier 2018.

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Au revoir APB

Une nouvelle plateforme qui remplacera l’algorithme Admission post bac (APB) sera lancée le 15 janvier 2018. Les lycéens pourront dès cette année faire 10 voeux maximum (contre 24 actuellement), sans les classer. Chaque candidature sera examinée par les équipes pédagogiques des filières d’enseignement supérieur, et le bachelier devra ensuite faire son choix parmi les réponses favorables.

Les formations sélectives (comme les BTS, DUT ou CPGE) conservent leur droit de refuser un candidats. Quant aux formations non sélectives, elles pourront désormais «conditionner l’inscription à l’acceptation d’un parcours pédagogique spécifique dans le cas où elles estiment que le bachelier n’a pas les attendus requis», indique le gouvernement. Mais elles ne ne pourront pas refuser un candidat si elles ont des places vacantes. En cas de places insuffisantes, les formations non sélectives pourront donner la priorité «à ceux dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents avec la formation choisie».

Création de 130.000 places dans l’enseignement supérieur

Alors que de nombreuses filières sont en tension et que le gouvernement anticipe 200.000 étudiants supplémentaires sur les cinq prochaines années, il vise la création de 130.000 places supplémentaires sur le quinquennat.

L’exécutif souhaite aussi mieux faire connaître certaines filières, car plus de 137.000 places ne sont pas mobilisées chaque année dans l’enseignement supérieur selon Frédérique Vidal, dont 2.000 en classe préparatoire et 8.000 en BTS.

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Les étudiants rattachés au régime général de la Sécu

Enterré aussi, le régime de sécurité sociale spécifique aux étudiants. Dès la rentrée 2018, le gouvernement veut que les étudiants soient rattachés au régime général de la Sécurité sociale. Frédérique Vidal a annoncé la suppression de « la cotisation que [les étudiants] payent ».

Cette mesure, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, fait débat : elle est souhaitée par la Fage, premier syndicat étudiant, mais vivement contestée par le deuxième syndicat, l’Unef.

A la place, les étudiants paieront une cotisation « vie étudiante » qui englobera l’accès « aux soins, au bien-être, à la culture et au sport » selon la ministre. Les étudiants boursiers en seront exonérés. Le gouvernement veut aussi ouvrir des centres de soin au sein des établissements.

Une rentrée 2018 moins coûteuse ?

Frédérique Vidal a aussi annoncé que le cout de la rentrée 2018 serait diminué de 100 millions afin de « redonner du pouvoir achat aux étudiants », notamment à travers la suppression de la cotisation au régime étudiant d’assurance maladie. On ignore toutefois le montant de la cotisation « vie étudiante » qui doit la remplacer.

La ministre s’est aussi engagée à ce que les bourses étudiantes soient versées systématiquement le 5 de chaque mois, dès la rentrée 2018, avec un premier paiement avant la fin du mois d’août pour les dossiers adressés avant le 25.

En matière de logement étudiant, Frédérique Vidal vise un objectif de 60.000 places créées sur le quinquennat. Elle a annoncé la création d’un observatoire du logement étudiant.

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L’orientation des lycéens intensifiée

Jean-Michel Blanquer a pour sa part évoqué les efforts en matière d’orientation des lycéens. Ces derniers suivront deux fois une semaine consacrée à l’orientation dans l’année scolaire. Des volontaires en service civique seront également recrutés pour aider les lycéens.

Le ministre a aussi annoncé la nomination d’un deuxième professeur principale en classe de Terminale, dès décembre 2017 pour les établissements qui le souhaitent.

Pour améliorer l’orientation des lycéens, le ministre mise aussi sur le site et l’appli Monorientationenligne.com, une plateforme  qui existe depuis 2009 et qui permet d’avoir des conseils personnalisés.

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Pour financer ces mesures et notamment les 130.000 nouvelles places dans l’enseignement supérieur, le gouvernement va investir près d’un milliard d’euros sur le quinquennat, dont 450 millions déjà annoncés dans le cadre du grand plan d’investissement (GPI).