Réforme de l'université: Les modalités d'entrée dévoilées ce lundi par le gouvernement

UNIVERSITE Trois mois après avoir entamé des concertations, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, dévoile ce lundi ses décisions, notamment sur les pistes pour remplacer la suppression du tirage au sort dans les filières en tension…

20 Minutes avec AFP

— 

Une rentrée à l' Université de Toulouse Toulouse2-Jean-Jaurès
Une rentrée à l' Université de Toulouse Toulouse2-Jean-Jaurès — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES

Les candidats au bac 2018 vont enfin être fixés :Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur dévoilera ce lundi les nouvelles modalités d’entrée à l’université. Le tirage au sort doit disparaître, a-t-elle promis, mais reste à trancher le caractère obligatoire de conditions d’intégration d’une filière.

Des annonces sur le logement, la santé, le pouvoir d’achat…

Trois mois après avoir entamé des concertations avec les principaux acteurs de l’enseignement supérieur,et dix jours après avoir reçu le rapport de synthèse de leurs propositions, Frédérique Vidal annoncera ses décisions, accompagnée du Premier ministre Edouard Philippe.

Sera également détaillé « le plan de réussite étudiants », qui vise à améliorer la qualité de vie des jeunes, via des annonces sur le logement, la santé et le pouvoir d’achat. Des dispositions qui participent elles aussi à la réussite des études, souligne-t-on à Matignon.

Quatre options pour remplacer le tirage au sort

De la mi-juillet au 20 octobre, des groupes de travail constitués de représentants des étudiants, enseignants, universités, recteurs, parents ont planché sur plusieurs thèmes. Avec pour objectifs de supprimer le tirage au sort – seule voie autorisée par le code de l’éducation pour départager les candidats à une licence où la demande excède les capacités d’accueil- et réduire le taux d’échec en première année (près de 60 %).

Quatre options ont été discutées : accès libre à l’université sans avis ni recommandation (la situation actuelle), accès libre avec avis et recommandations, accès sous condition, accès sélectif (comme dans les classes prépa, BTS, IUT ou double-licences). Depuis le 20 octobre, le ministère a rencontré plusieurs des participants au sein de bilatérales, des rencontres qui se poursuivent jusqu’à ce week-end.

Vers des « sas de remise à niveau » obligatoire ?

La ministre reste prudente avant la conférence de presse de lundi, mais elle a lâché quelques indices. « L’idée n’est pas de dire + oui + ou + non + comme dans les filières sélectives mais de répondre plutôt + oui + ou + oui mais + », a-t-elle déclaré dans un entretien à L’Obs paru jeudi. « Dans ce nouveau système, soit le lycéen dispose des compétences nécessaires pour suivre les cours auxquels il veut s’inscrire. Soit certaines bases ne sont pas acquises et dans ce cas, nous pourrions lui proposer un accompagnement spécifique ».

« Ce qui fait débat », c’est le caractère obligatoire, ou pas, de ces « sas de remise à niveau », rappelle-t-elle. Mais elle ajoute que « les quelques exemples de dispositifs de ce type existant à l’université montrent qu’il n’est pas évident d’y attirer les étudiants sur la base du volontariat ».

« Beaucoup préfèrent s’inscrire directement en L1 (première année de licence), même si objectivement une remise à niveau leur serait bénéfique. Ils s’en rendent compte a posteriori mais il est malheureusement trop tard », dit-elle.

"Une possible sélection » dans les filières en tension ?

Selon Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant, « il semble acté que le dernier mot reviendra au bachelier, c’est lui qui aura le dernier mot sur son orientation ». « Reste la question du caractère obligatoire du parcours d’accompagnement » proposé aux bacheliers les plus fragiles. La Fage y est « plutôt opposée » mais se dit « prête à discuter si l’on donne des moyens supplémentaires aux universités et autres établissements de l’enseignement supérieur (les BTS se font dans des lycées : ndlr) pour la mise en place de ces parcours et pour améliorer la protection sociale des étudiants ».

L’Unef craint elle « une possible sélection dans les filières en tension », dont le nombre augmente chaque année, ce qui conduirait de fait à une sélection généralisée, selon sa présidente Lilà Le Bas. Elle veut maintenir l’accès libre à tous les étudiants, avec des moyens supplémentaires, une meilleure orientation et des licences pluridisciplinaires avec une spécialisation progressive.

Une nouvelle plateforme d’inscription à venir

Les mesures annoncées lundi seront intégrées dans la nouvelle plateforme d’inscription dans l’enseignement supérieur -qui ne s’appellera plus Admission post-bac (APB)- dont l’ouverture pourrait se faire un peu plus tard que la date habituelle, qui était le 20 janvier.

La plateforme APB avait concentré toutes les critiques sur les manquements structurels des modalités d’entrée à l’université.