Affaire Théo: Rassemblement à Bobigny pour demander la fin de «l'impunité policière»

JUSTICE Environ 300 personnes se sont rassemblées ce samedi pour dénoncer les violences policières…

20 Minutes avec AFP

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Théo, 22 ans, lors d'un rassemblement organisé à Bobigny (Seine-saint-Denis) contre les violences policières le 28 octobre 2017.
Théo, 22 ans, lors d'un rassemblement organisé à Bobigny (Seine-saint-Denis) contre les violences policières le 28 octobre 2017. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

« On attend tous la justice de pied ferme », a lancé ce samedi au mégaphone Théo, debout sur une petite tribune installée dans un parc à quelques mètres du tribunal.

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« Il y en a encore qui sont frappés mais qui ne sont pas filmés »

« Si je suis venu aujourd’hui, c’est pour vous dire que, Dieu merci, je vais bien. Je peux encore vous remercier. Il y en a d’autres qui ne peuvent pas le faire », a-t-il lancé.

« Il y en a qui sont partis dans des circonstances assez bizarres, d’autres qui sont partis sous les coups de la police. Aujourd’hui, il y en a encore qui sont frappés mais qui ne sont pas filmés, voilà pourquoi je dois m’exprimer en leur nom », a-t-il ajouté.

Le 2 février, Théo, 22 ans, a été gravement blessé lors de son interpellation à Aulnay-sous-bois. Quatre policiers sont mis en examen, dont un pour viol, dans cette affaire qui avait eu un retentissement considérable. Le jeune affirme avoir été violé à l’aide d’une matraque. Le président de l’époque, François Hollande, s’était notamment rendu à son chevet.

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« Il faut que justice soit faite pour Théo et pour tous les autres »

« On est devant le tribunal de Bobigny » pour « rappeler qu’on est toujours là, en attente de justice, et qu’il faut que justice soit faite pour Théo et pour tous les autres », a déclaré Mickaël, le frère de Théo, citant notamment les cas de Zyed et Bouna, deux adolescents morts dans un transformateur électrique il y a douze ans presque jour pour jour (27 octobre 2005), et Adama Traoré, mort lors de son interpellation l’été dernier dans le Val-d’Oise.

« Quand on dit que la France est le pays des droits de l’homme, c’est tous les hommes », a lancé la sœur de Théo, Eleonore : « Il y a les agresseurs et les victimes. Quel que soit le statut des personnes, l’uniforme n’est pas un bouclier d’invulnérabilité ».

D’autres personnes ont pris la parole comme Amal Bentounsi, sœur d’Amine, tué d’une balle dans le dos par un policier condamné en appel à cinq ans de prison avec sursis, et la sœur de Yacine, un jeune homme retrouvé mort le 14 septembre à Aulnay et dont la famille ne croit pas à la version officielle d’une mort par overdose.

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Panneaux dénonçaient « l’impunité policière »

Lors de ce rassemblement qui s’est tenu dans le calme, des panneaux dénonçaient « l’impunité policière » ou clamaient « La vie des noir.e.s compte ».

Maddy, 42 ans, est venue « pour que ça s’arrête, pour que les acteurs soient punis, sévèrement punis ». « On peut pas dire aux jeunes "Arrêtez de faire les cons et laisser les gens qui sont garants de la loi, qui sont censés nous protéger, faire n’importe quoi" », a-t-elle affirmé.

La commune d’Aulnay-sous-Bois, où s’est déroulée l’interpellation controversée de Théo, est candidate pour expérimenter à partir de 2018 la nouvelle «police de sécurité du quotidien » (PSQ).