Académie française: L’institution ne supporte pas l’écriture «inclusive» et dénonce «un péril mortel»

EGALITE L’écriture inclusive est un outil destiné à lutter contre les stéréotypes liés aux sexes et les inégalités entre les femmes et les hommes…

20 Minutes avec AFP

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Un écolier écrivant - Illustration
Un écolier écrivant - Illustration — GILE MICHEL/SIPA

L’écriture dite « inclusive » a un détracteur de poids. L’Académie française ne supporte pas cette écriture, destinée à mettre sur un pied d’égalité les femmes et les hommes, y voyant un « péril mortel » pour la langue française.

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« Devant cette aberration "inclusive ", la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures », a affirmé l’Académie dans une « solennelle mise en garde » adoptée jeudi à l’unanimité de ses membres.

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L’écriture inclusive est un outil destiné à lutter contre les stéréotypes liés aux sexes et les inégalités entre les femmes et les hommes. Son caractère le plus visible est l’accord des noms et des adjectifs au féminin et au masculin lorsque c’est possible.

L’Académie craint « une confusion qui confine à l’illisibilité »

Mais, selon l’Académie française, cette forme d’écriture « aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité ». « On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture, visuelle ou à voix haute, et de prononciation », poursuivent les Académiciens dans leur communiqué.

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« Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? », s’interroge l’Académie. Les « promesses » de la francophonie « seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète », s’insurge l’institution créée par Richelieu en 1635.

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Selon l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), on compte quelque 275 millions de francophones dans le monde. D’ici 2050 le nombre de francophones devrait approcher les 700 millions, majoritairement en Afrique.