Notre-Dame-des-Landes: Les collectivités dénoncent une «manipulation grossière»

AEROPORT Lundi soir, les médiateurs nommés par le gouvernement ont rendu compte de leurs travaux aux collectivités pro-aéroport…

Julie Urbach

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L'opposition au GCO peut-elle donner lieu à la naissance d'une ZAD en Alsace? (Photo d'illustration à Notre-Dame-des-Landes)
L'opposition au GCO peut-elle donner lieu à la naissance d'une ZAD en Alsace? (Photo d'illustration à Notre-Dame-des-Landes) — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA
  • Les membres du syndicat mixte aéroportuaire annonce qu’ils écriront « dès demain » à Emmanuel Macron.
  • Ils souhaitent l’alerter sur « la dérive » de la démarche, après que les médiateurs ont rendu compte auprès d’eux de leurs travaux, lundi.

C’est, selon elles, une « manipulation grossière » qu’elles s’apprêtent d’ailleurs à dénoncer dans un courrier envoyé au président Macron. Les collectivités pro-aéroport, réunies dans le syndicat mixte aéroportuaire, ne mâchent pas leurs mots au sujet de la médiation demandée par le gouvernement autour du dossier de Notre-Dame-des-Landes.

S’ils ont de nombreuses fois fait part de leurs doutes, ces élus du Grand Ouest s’insurgent ce mardi de « la dérive » de la démarche, après que les médiateurs ont rendu compte de leurs travaux aux élus (dont Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes), lors d’une réunion lundi soir. « Les médiateurs n’ont présenté que des expertises sur le réaménagement de Nantes-Atlantique », se désole le syndicat mixte aéroportuaire dans un communiqué.

Décisions des tribunaux

Selon les élus, qui disent être ressortis de la réunion « médusés », les médiateurs auraient aussi admis qu'« un consensus » ne sera pas trouvé. Ils rappellent qu’ils étaient favorables à une médiation d’apaisement pour permettre une évacuation pacifique de la ZAD et faire baisser la pression, ce qu’Emmanuel Macron avait promis à Bruno Retailleau, lors de la campagne présidentielle.

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« Cette médiation n’est plus qu’une énième expertise totalement illégitime et inefficace car elle contourne dangereusement les décisions des tribunaux et le vote des citoyens à l’encontre même des principes fondamentaux de la République pourtant clairs dans la lettre de mission », estime Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire. Il a déjà prévenu qu’il attaquerait l’Etat en cas de renoncement du gouvernement au projet de transfert.