VIDEO. Calais: Un an après l’évacuation de la Jungle, où en est-on ?

IMMIGRATION Quelle est la situation à Calais, un an jour pour jour après le démantèlement du bidonville appelé la «jungle»?…

Mikael Libert, Émilie Petit (vidéo)

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Le site de l'ancienne «jungle» de Calais.
Le site de l'ancienne «jungle» de Calais. — AFP PHOTO / FRANCOIS LO PRESTI

Un anniversaire qui n’a rien d’une fête. Le 24 octobre 2016, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, annonçait le début du démantèlement du camp de la « jungle », à Calais.

Selon les chiffres, ce sont entre 6.000 et 8.000 personnes qui ont été évacuées de ce bidonville en direction de Centres d’accueils et d’orientation (CAO) dans toute la France. Un an plus tard, personne ne se satisfait de la situation sur place. Ce mardi, une mission d'inspection fait état dans son rapport de « plausibles » abus dans l'usage de la force et des gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre après de démantèlement de la « jungle ». 

Quelques mois de status quo

A l’époque, la seule chose qui mettait associations, élus et services de l’Etat d’accord, c’était la situation intenable dans le camp de la « Jungle ». Les promesses liées au démantèlement ont laissé un goût plus qu’amer dans la bouche de Gaël, co-fondateur d’Utopia 56 à Calais : « Cela n’a répondu en rien aux besoins des gens qui vivaient dans le camp, assure-t-il. Quelques mois seulement après le démantèlement, les migrants ont commencé à revenir en nombre ». Selon lui, ils sont environ 700 actuellement à Calais, « beaucoup de nouveaux venus et de jeunes entre 16 et 25 ans, affirme-t-il, qui vivent dans des conditions déplorables ».

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Car la problématique reste la même, le camp en moins. « Avec l’évacuation de la ''Jungle'', le gouvernement à l’impression que le travail a été fait, mais éloigner les migrants dans des centres ne résout par le problème, assure Emmanuel Agius, premier adjoint au maire de Calais. Ces personnes n’attendent rien de la France, elles veulent passer en Grande-Bretagne ». La mairie se plaint toujours d’une « mauvaise image de la ville » qui empêche la reprise économique : « Nous souhaitons le classement en zone frontière pour bénéficier d’un statut sécuritaire et judiciaire adapté à la situation, et des compensations », martèle le premier adjoint.

La « pression migratoire » a diminué

Les services de l’Etat, eux, affirment que la « pression migratoire » a fortement diminué : « Il n’y a presque plus d’intrusions sur le site d’Eurotunnel, celles dans la zone portuaire ont été divisées par trois et on ne dénombre que 25 barrages sur la rocade depuis le début de l’année contre des centaines avant le démantèlement », précise le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry.

Aux associations qui déplorent de voir les migrants vivre dans la rue, le représentant de l’Etat rétorque que « des mises à l’abri sans condition sont proposées systématiquement aux personnes. Libre à elles d’accepter ou pas ». Il met aussi en avant les sanitaires et points d’eau mis à disposition. « Par obligation du Conseil d’Etat », rappelle Utopia 56.

Volonté politique

En fait, « rien n’a changé », regrettent la mairie et les associations qui attendent, chacun pour des raisons différentes, « une vraie volonté politique ». Utopia 56, une avancée des réglementations européennes, notamment en termes de politiques des quotas. Pour la mairie, qu’Emmanuel Macron tienne sa promesse de ne plus voir personne dormir dans la rue.