Bouches-du-Rhône: Le département demande l'aide du gouvernement pour l'accueil des mineurs isolés

REFUGIES Edouard Philippe proposera ce vendredi à Marseille une « solution » pour aider les départements à faire face à cette problématique…

Mathilde Ceilles

— 

Illustration d'un centre pour mineurs isolés étrangers, dans le 95
Illustration d'un centre pour mineurs isolés étrangers, dans le 95 — POUZET/SIPA
  • Le département des Bouches-du-Rhône accueille 500 mineurs isolés.
  • Les centres d'accueil sont pleins, comme dans les autres départements
  • Edouard Philippe promet de proposer ce vendredi une « solution »

C’est un discours que certains responsables politiques réclament depuis plusieurs mois. Sur Public Sénat, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce vendredi une « solution conforme à ce que souhaitent les départements » sur le dossier de la prise en charge des mineurs isolés étrangers.

Et c’est à Marseille, à l’occasion du congrès des départements, que le Premier ministre précisera la position du gouvernement sur ce dossier. Les mineurs non-accompagnés (MNA), appelés également mineurs isolés étrangers, sont des étrangers de moins de 18 ans qui se trouvent en France sans adulte responsable.

>> A lire aussi : Marseille: Un lycée se mobilise pour sortir de rétention un élève migrant

Les mineurs, non soumis aux règles de séjour des étrangers, ne sont pas expulsables. Ils relèvent de l’aide sociale à l’enfance (ASE), donc des départements.

Des structures insuffisantes

Or, comme tous les départements, et notamment les frontaliers, les Bouches-du-Rhône sont confrontées depuis plusieurs années à une explosion du nombre de mineurs isolés. Le nombre de places est insuffisant, au point que certains dorment dans la rue, en particulier à Marseille. « C’est une vraie problématique, reconnaît Martine Vassal, présidente Les Républicains du conseil départemental. Notre difficulté n’est pas sur le « comment faire », mais sur le flux. Ici, dans les Bouches-du-Rhône, on accueille 500 enfants. Cela représente un budget de 20 millions d’euros. Et avec ce qui passe de l’autre côté de la Méditerranée, ça ne va pas s’arrêter, ça va s’amplifier ! »

Sur le terrain, les structures qui accueillent ce type de public font le même constat. Jean-Marc Guilbert, directeur de la maison d’enfant La Galipiote de l’association Les Dames de La Providence, prend des MNA en charge depuis 2013. « Nous accueillions alors 13 personnes. En juillet 2017, on est passé à 84 jeunes », dont trente en plus à héberger en juillet, le tout en une dizaine de jours seulement.

>> A lire aussi : Bouches-du-Rhône: Un mineur bangladais SDF gagne en justice contre le département

« Il faut créer des structures adaptées, il y a un manque criant et beaucoup d’attentes. Dès qu’un jeune sort, un autre le remplace. Nous sommes contactés tous les jours par le département pour savoir s’il y a de la place. » Le département dispose de 477 places d’accueil et souhaite en ouvrir 160 supplémentaires.

Le Premier ministre attendu au tournant

Aussi, à la veille de la visite du Premier ministre, Martine Vassal demande que le gouvernement prenne en charge l’accueil de ces personnes, la politique migratoire étant une compétence régalienne. Et de prévenir : « Si le Premier ministre vient pour dire : "On prend en charge les tests qui permettent de déterminer s’ils sont mineurs ou majeurs", ce n’est pas la peine qu’il vienne ! »

Dans les couloirs du théâtre de la Criée, où s’est ouvert ce jeudi le congrès des départements, la position de Martine Vassal semble être partagée par les autres présidents des conseils départementaux. « Nous faisons face à un afflux massif, la situation est difficile », constate Jean-Marie Bernard, président des Hautes-Alpes.

>> A lire aussi : Seine-Saint-Denis: Le département, «seul», face à l'accueil des mineurs isolés

Dans ce petit département d’environ 140.000 habitants, la collectivité accueille 800 MNA, contre une cinquantaine l’année dernière. « Nous attendons du Premier ministre vendredi une réponse très claire sur les MNA », prévient le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Dominique Bussereau (LR).