Menace terroriste, police de sécurité du quotidien... Retour sur les annonces d'Emmanuel Macron

SECURITE Le chef de l’Etat a détaillé mercredi sa stratégie pour donner aux policiers et gendarmes les « moyens d’être plus efficaces » alors que la sécurité reste l’une des préoccupations majeures des Français…

T.C. avec AFP

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Emmanuel Macron a exhorté les forces de l'ordre à être «fortes et justes», «jamais faibles», pour combattre l'insécurité et la menace terroriste
Emmanuel Macron a exhorté les forces de l'ordre à être «fortes et justes», «jamais faibles», pour combattre l'insécurité et la menace terroriste — Philippe Wojazer/AP/SIPA
  • Emmanuel Macron s’est exprimé mercredi devant 500 hauts responsables de la police, de la gendarmerie, de l’opération Sentinelle, et des services du ministère de l’Intérieur.
  • Il a détaillé les contours de la police de sécurité du quotidien et est revenu sur la menace terroriste.

Dans un discours d’une heure et demie, le président de la République a détaillé sa stratégie pour donner aux policiers et gendarmes les « moyens d’être plus efficaces » alors que la sécurité reste l’une des préoccupations majeures des Français.

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Emmanuel Macron a pour cela réuni les 500 plus hauts responsables de la police, de la gendarmerie, de l’opération Sentinelle, des services du ministère de l’Intérieur ainsi que tous les préfets. Un tel rassemblement à l’Elysée n’avait jusqu’à présent été organisé qu’une seule fois, au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. 20 Minutes revient sur les principales mesures annoncées par le président.

Menace terroriste 

Le chef de l’Etat a indiqué que 13 attentats avaient été déjoués depuis le début de l’année. Face à la menace terroriste qui est la « priorité absolue », il a confirmé que l’état d’urgence prendrait fin le 1er novembre. Avec la loi antiterroriste qui va s’y substituer, « nous vous donnons durablement les moyens d’être plus efficaces », a-t-il assuré aux forces de l’ordre.

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Il a précisé qu’il ne prendrait « pas la décision de déférer cette loi », définitivement adoptée ce mercredi, « devant le Conseil constitutionnel », comme l’a suggéré l’ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve pour ce texte qui suscite des craintes d’atteintes aux libertés.

Un plan national de lutte contre la radicalisation

Emmanuel Macron a annoncé pour décembre la réunion d’un comité interministériel qui devra « arrêter un nouveau plan national » contre la radicalisation, en dressant une « liste des territoires » qui feront l’objet d’une surveillance spécifique.

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« Des plans d’action seront établis par les préfets dans leur département » impliquant « de nombreux autres services de l’Etat » pour « prévenir les menaces et mettre en place des organisations pour identifier les comportements les plus à risques », a-t-il précisé.

Ces actions seront menées en « travail étroit avec les magistrats ». Il a indiqué qu’à sa demande, un travail de surveillance de ce type avait été mené à Trappes, dans les Yvelines. Cette décision intervient alors que la fermeture cet été du centre de déradicalisation de Pontourny (Indre-et-Loire) a souligné les lacunes de la politique de prévention de la radicalisation.

La police de sécurité du quotidien n’est « pas le retour à la police de proximité »

Emmanuel Macron a assuré mercredi que la police de sécurité du quotidien (PSQ) qu’il entend mettre en place, « n’est pas le retour à la police de proximité » instaurée par Lionel Jospin puis supprimée par Nicolas Sarkozy.

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« Dès lundi prochain, un large cycle de consultations sera engagé par le ministre » de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur ce thème, a précisé le chef de l’État. Cette PSQ doit être expérimentée dans une quinzaine de sites début 2018. En novembre et décembre, les territoires retenus pour l’expérimentation doivent ensuite mettre en place l’organisation du dispositif.

Plusieurs villes se sont déjà portées candidates : Lille, Roubaix, Lens, Toulouse ou encore Aulnay-sous-Bois, commune devenue, avec «  l’affaire Théo », le symbole d’un divorce entre police et jeunes dans les quartiers.

« Durcir la réponse » aux menaces visant policiers et gendarmes

Le président de la République a affirmé qu’il souhaitait « durcir » la réponse aux menaces « lâches et intolérables » visant les policiers et les gendarmes, dans son discours mercredi aux forces de sécurité intérieure.

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« Aux menaces et mises en cause physiques, sont venues récemment s’ajouter des mises en cause indirectes » de leurs proches, a déploré le président de la République. « Je souhaite que nous puissions aller plus loin » que le droit à l’anonymat inscrit dans la loi, « pour durcir nos outils de réponse face à ces comportements lâches et intolérables », a-t-il ajouté.

Raccompagner « de manière intraitable » les étrangers sans titre de séjour

Par ailleurs, le président a souhaité que « nous reconduisions de manière intraitable » les étrangers n’ayant « pas de titre » de séjour, tout en accueillant « de manière exigeante et conforme à nos valeurs » les réfugiés et personnes en règle.

« Nous accueillons mal, nous avons des procédures trop longues, nous intégrons approximativement et nous ne reconduisions plus », a affirmé le chef de l’Etat, tout en reprenant la formule de l’ancien Premier ministre Michel Rocard pour qui « tout en prenant notre part, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde ».

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Revenant sur le drame de Marseille, où deux femmes ont été tuées par un Tunisien en situation irrégulière, il a rappelé qu’une circulaire avait été adressée aux préfets lundi, pour leur demander « de s’assurer que les procédures sont appliquées de manière ferme et rigoureuse » en matière d’éloignement.