VIDEO. Strasbourg: Une première patrouille de police municipale de proximité s'installe dans un quartier d'Illkirch

FAUT VOIR La police municipale d’Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) ouvre une permanence dans le quartier Libermann pour une police de proximité, jugée « rassurante » mais qui paradoxalement ne convainc pas forcément les habitants…

Gilles Varela

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Police municipale en patrouille pédestre dans un quartier d'Illkirch-Graffenstaden. Police de proximité, une permanence quotidienne dans les nouveaux locaux. Le 16 octobre 2017. Lancer le diaporama
Police municipale en patrouille pédestre dans un quartier d'Illkirch-Graffenstaden. Police de proximité, une permanence quotidienne dans les nouveaux locaux. Le 16 octobre 2017. — G. Varela / 20 Minutes
  • Depuis lundi, deux policiers municipaux patrouillent dans le quartier Libermann.
  • Pour l’instant, les agents assurent une permanence quotidienne d’une heure. Ce court laps de temps suscite le scepticisme chez certains habitants du quartier.

La présidence de la République rêve d’un retour de la police de proximité, la commune d’Illkirch-Graffenstaden près de Strasbourg l’a fait. Enfin, pour sa police municipale… L’idée est dans l’air du temps, et tout particulièrement depuis l’annonce du gouvernement qui souhaite expérimenter la police du quotidien dans quelques grandes villes dès 2018. Mais l’exécutif de la petite commune Strasbourgeoise se lance déjà dans l’aventure, à l’initiative de son maire (PS) Claude Froehly, persuadé de son efficacité.

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« Proche des préoccupations de la population »

Aussi, pour ses agents armés – au nombre de six –, une antenne au cœur du quartier Libermann, un quartier reconnu comme prioritaire d’Illkirch, est ouverte. Depuis ce lundi, une patrouille de deux hommes arpente les trottoirs, va à la rencontre de ses habitants. Et il y a de quoi faire puisque ce secteur, à lui seul, concentre près de 10 % de la population de la commune, le tout sur un rayon d’à peine 500 m2.

Leur mission, rassurer mais aussi recueillir les problèmes de voisinage, d’incivilités, de drogue, de nuisances sonores, de squatt dans les caves… Les agents de police y assurent une permanence quotidienne d’une heure, censée permettre « un ancrage au plus proche des préoccupations » de la population. « L’idée est d’accompagner les habitants, de faire des passages réguliers, à pied, pour établir un lien de proximité durable avec les habitants, de faire respecter la vie en communauté et d’établir des relations d’écoutes avec les jeunes », explique Claude Froehly.

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Ça, c’est sur le papier. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Mickaël, agent de la police municipale, qui est de la première tournée, assure « qu’il y a de la demande » et confirme qu’une patrouille pédestre favorise la discussion avec les gens « qui n’osent pas venir les voir » lorsqu’ils sont en voiture. Pour Youssef, un habitant du quartier, c’est aussi « une bonne chose, car les gens ne savent pas s’adresser et ne pensent pas à appeler la police municipale. « Ils font le 17, police nationale. C’est souvent que des jeunes mettent le bordel, assure le quadragénaire. Il y a du shit qui tombe par terre. Des rodéos… Les gens appellent, mais il n’y a rien qui se passe. Ou alors, la police arrive une heure après, et il n’y a plus rien, sourit Youssef. Au moins, avec cette permanence dans le quartier, ça va aider même si je ne pense pas que cela va faire la différence. Mais je vais savoir où vont mes impôts. »

« Ça va changer quoi ce poste de police ? »

Plus sceptique, Jean-Paul, comme d’autres habitants du quartier qui découvre cette nouvelle patrouille, cette présence policière sera loin d’être suffisante. « La police ne viendra pas quand il faut. Parfois, les jeunes montent des scooters pour rouler sur les toits des garages. Ça va changer quoi ce poste de police ? Dès que le soir arrive, surtout dès le vendredi soir, il y a des rodéos sauvages à scooter, en quad. La police passe, ils repartent et les jeunes reviennent », regrette Jean-Paul. « Personne ne va parler, les gens ont peur. C’est facile de retrouver sa voiture brûlée ou retournée, ou un caillou dans sa fenêtre. Ils dévissent les lumières dans les escaliers pour dealer tranquille. Parfois je dois passer par les caves pour aller travailler car j’ai peur, raconte désabusée Hélène.

Paradoxalement, les mêmes personnes rencontrées reconnaissent que « c’est une bonne chose », que cette permanence, même d’une heure, est rassurante… « Pour certaines personnes. » Des inquiétudes qu’entend Arnaud, l’autre policier de la patrouille. « Les gens vont prendre l’habitude de nous voir, puis de nous parler. La permanence et les patrouilles pédestres vont établir rapidement des liens. Et puis cela va permettre d’orienter les patrouilles classiques, en voiture, qui elles ne vont pas cesser. »