VIDEO. Affaire Fiona: Pourquoi le procès de Bourgeon et de Makhlouf est-il renvoyé en janvier 2018?

JUSTICE Après une semaine d’audience, le procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf a été renvoyé sous la pression de leurs avocats…

Vincent Vantighem

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Le Puy-en-Velay (Haute-Loire), le 09 octobre 2017. Cécile Bourgeon est amenée à la cour d'assises pour le procès en appel de l'affaire de la petite Fiona.
Le Puy-en-Velay (Haute-Loire), le 09 octobre 2017. Cécile Bourgeon est amenée à la cour d'assises pour le procès en appel de l'affaire de la petite Fiona. — JEFF PACHOUD / AFP
  • Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf étaient jugés en appel depuis le 8 octobre.
  • Ce lundi, le président de la cour d’assises du Puy-en-Velay a renvoyé l’affaire.
  • Ils seront jugés, à nouveau, à partir du 29 janvier 2018.

Au Puy-en-Velay (Haute-Loire), Vincent Vantighem

Un vieil homme soupire bruyamment devant la machine à café. « Je comprends rien ! Mais c’est vraiment n’importe quoi ! » C’est en tout cas très rare. La cour d’assises de la Haute-Loire a décidé, ce lundi matin, de renvoyer le procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf.

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Accusés de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la mère de Fiona et son ancien compagnon devront désormais patienter jusqu’en février 2018 pour être fixés sur leur sort.

  • Pourquoi la cour a-t-elle renvoyé le procès ce lundi ?

Parce que les avocats de la défense l’ont demandé. S’estimant « mis en cause dans leur probité » par une consœur de la partie civile vendredi, Renaud Portejoie, l’avocat de Cécile Bourgeon, et Mohamed Khanifar, qui défend son ancien compagnon, ont réclamé, ce lundi, le renvoi du procès dont « les conditions d’équité » n’étaient, selon eux, plus réunies.

Après avoir entendu toutes les parties et délibéré pendant 45 minutes, les trois magistrats qui composent la cour, « sans l’assistance des jurés populaires », leur ont donné raison.

  • En quoi leur probité a-t-elle été mise en cause, selon eux ?

Tout est parti du témoignage d’un ancien compagnon de « défonce » des accusés. Livrant son « intime conviction », il a expliqué, vendredi matin, que la petite Fiona était peut-être morte après avoir avalé une boulette de drogue, réfutant la thèse de violences de la part de ses parents.

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Partie civile, l’avocate Marie Grimaud s’est alors levée pour expliquer que ce témoin lui « posait problème » dans la mesure où il avait été assisté, au cours de la procédure, par Mohamed Khanifar, avant que celui-ci ne devienne l’avocat de Berkane Makhlouf. Autrement dit, elle se demandait s’il n’y avait pas eu une collusion entre les avocats de la défense et ce témoin.

S’insurgeant contre ces « accusations indignes pour ne pas dire perverses », les avocats des deux accusés ont quitté le prétoire avec fracas et obtenu, ce lundi, le renvoi de toute l’affaire.

  • Qu’est ce que cela change pour les accusés et leurs avocats ?

Pour les accusés pas grand chose. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf restent détenus le temps qu’un nouveau procès ait lieu. « Je préfère être jugé rapidement mais si c’est pour subir une injustice, c’est pas la peine », a simplement indiqué Berkane Makhlouf, depuis son box.

Pour l’avocat de son ancienne compagne, en revanche, la décision change beaucoup de choses. « La mise en cause de notre probité a pu avoir un impact sur les jurés, développe Renaud Portejoie. Pour nous, il était essentiel de reporter l’audience devant une cour d’assises composée de nouveaux jurés. »

  • Quand et où aura lieu le nouveau procès ?

Tout est déjà fixé. Le président de la cour d’assises de la Haute-Loire, Etienne Fradin, a déjà indiqué que le nouveau procès débutera le 29 janvier, à 14h, au Puy-en-Velay. Et que c’est à nouveau lui qui sera désigné pour présider les débats qui recommenceront à zéro.

A moins que la tension entre les avocats ne remonte d’un cran. Marie Grimaud, l’avocate d’Innocence en danger, à l’origine du litige confie à 20 Minutes qu’il n’est pas exclu qu’elle demande désormais « la délocalisation de ce nouveau procès. »