Attentat de Nice: L’ancien porte-parole de Promenade des Anges condamné à un an de prison pour escroquerie

JUSTICE Vincent Delhomel, ex-secrétaire général de l’association de défense de victimes, a été emmené de force et menotté au tribunal. Il était jugé pour «escroquerie» et «abus de confiance»…

Mathilde Frénois

— 

Vincent Delhomel, ex-porte parole de Promenade des Anges, dans le palais justice de Nice.
Vincent Delhomel, ex-porte parole de Promenade des Anges, dans le palais justice de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Cette fois-ci, il s’est appuyé sur la barre. Mercredi, Vincent Delhomel a fait face au tribunal correctionnel de Nice. Entouré des forces de l’ordre et menotté. Après s’être défaussé une première fois en septembre pour des raisons de santé, l’ancien porte-parole et secrétaire général de l’association  Promenade des Anges a été condamné à un an de prison assorti de six mois avec sursis pour "abus de confiance" et "escroquerie". Il dormira à la maison d’arrêt ce soir. Son avocat annonce faire appel de ce jugement.

>> A lire aussi : Nice: L'ex porte-parole de Promenade des Anges sera bien jugé pour escroquerie

Devant la cour, Vincent Delhomel a eu du mal à trouver ses mots pour justifier ses agissements à la tête de cette association de défenses de victimes de l’attentat de Nice. D’abord, il a empoché 7.300 euros émanant de la recette de l’opération Courir pour nos Anges : « Je n’ai commis aucune infraction. Ce sont des fonds que j’ai utilisés pour rencontrer les victimes. Ils ont servi à payer les billets d’avion et les dépenses quand j’étais avec les victimes. »

« Ça ressemble à un détournement »

Dans le même temps, Vincent Delhomel a obtenu le remboursement de 1.460 euros de notes de frais indues. « Ces fonds servaient à payer les billets d’avion, les restaurants que j’avais en carte bleue ou avec un chéquier personnel. » Des factures dont il se serait également servi pour rembourser un loyer impayé de 1.150 euros. « Ça ressemble à un détournement », convient finalement l’ancien responsable qui avait déjà été condamné pour exhibition sexuelle.

Tickets de métro parisiens, notes de cafés, courses en taxi, voyages à Paris, dîners dans des restaurants ont été défrayés par l’association. « Ce sont des dépenses de pures commodités personnelles », s’agace la présidente. Fragile psychologiquement, Vincent Delhomel explique avoir du mal à prendre les transports en commun et devoir manger avec d’autres victimes pour les épauler.

Me Zia Oloumi, avocat de Vincent Delhomel, annonce qu’il fera appel de sa condamnation.
Me Zia Oloumi, avocat de Vincent Delhomel, annonce qu’il fera appel de sa condamnation. - M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Fuyant voire absent

D’ailleurs, des dizaines de personnes ont témoigné en faveur de l’ancien secrétaire général, pointant son aide précieuse, son soutien et son écoute. Elles font également état de sa propre détresse. « Il s’est présenté à la convocation de la nouvelle présidente, il a payé les sommes, il a remboursé les frais », insiste son conseil Me Zia Oloumi. C’est du bénévolat que fait Monsieur Delhomel. Je ne voudrais pas qu’on efface d’un coup de craie tout ce qu’il a fait. »

Fuyant, passif voire absent par moments, l’ex-secrétaire général affirme avoir « dérapé ». « Ce qui me choque c’est que Monsieur Delhomel n’a mis aucune barrière morale à ses escroqueries et ses abus de confiance. Il a dérapé. Mais une fois qu’on s’en est aperçu, on essaie au moins de réparer », soutient la procureure. Elle requiert deux ans d’emprisonnement, dont six mois de sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soin, de travail et de rembourser la victime.