Notre-Dame-des-Landes: Hulot se défend de toute ingérence dans la médiation

AEROPORT Les pro-aéroport mettent en cause la désignation d'une expertise dont les dirigeants se sont revendiqués anti-aéroport...

F.B. avec AFP

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Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale le 10 octobre 2017.
Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale le 10 octobre 2017. — B.Guay/AFP

Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a rejeté toute ingérence dans la médiation sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, assurant que la décision du gouvernement serait prise de façon « indépendante ».

Lors d’une séance de questions au gouvernement, le député UDI Yannick Favennec-Bécot a mis en cause la décision des trois médiateurs de confier au cabinet Carbone 4 une « expertise supplémentaire sur le bilan carbone des deux options possibles, construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou réaménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique ».

Suspicion sur deux dirigeants du cabinet d’experts

« Deux dirigeants de cette société sont des personnalités que vous connaissez très bien », a-t-il lancé au ministre dans l’hémicycle, dénonçant « l’appartenance » d’Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici à la Fondation pour la Nature et l’Homme (ex-Fondation Hulot).

Cela « crée la suspicion sur l’indépendance de leurs futures conclusions surtout si on y ajoute que MM. Grandjean et Jancovici ont pris des positions personnelles contre Notre-Dame-des-Landes », a ajouté Yannick Favennec, avant de conclure : « Alors monsieur le ministre, Notre-Dame-des-Landes, réelle médiation ou véritable manipulation ? ».

« Je me plierai à la décision du gouvernement »

Nicolas Hulot a dénoncé un « propos lourd d’insinuation », assurant avoir « découvert » la mission confiée à Carbone 4 via la question du député de Mayenne. « Je vous demanderai de faire la démonstration que j’ai en quoi que ce soit participé de près ou de loin, non seulement à la nomination des experts mais à la demande de ces experts de désigner Carbone 4 pour faire cette évaluation sur les émissions de gaz à effet de serre dans les deux projets », a déclaré le ministre.

« Je me plierai à la décision indépendante du gouvernement » qui sera consécutive au travail de cette médiation « qui a pour vocation d’étudier en toute indépendance » toutes les alternatives, a-t-il ajouté.

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Des collectivités finançant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avaient annoncé la semaine dernière avoir saisi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) à propos du choix de Carbone 4, pour s’assurer de l’absence de « conflit d’intérêt ».

Le gouvernement a confié en juin à trois médiateurs une mission de six mois au maximum pour débloquer ce dossier controversé, enlisé depuis des années et auquel s’était opposé Nicolas Hulot avant son entrée au gouvernement. Les partisans du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avaient déjà dénoncé en juin la nomination parmi les trois médiateurs de Gérard Feldzer, ancien pilote de ligne proche de Nicolas Hulot.