Une centrale nucléaire, cible privilégiée des terroristes?

TERRORISME L’ONG Greenpeace s’alarme ce mardi, dans un rapport choc, de la faible sûreté des centrales nucléaires françaises face à la menace terroriste. Mais ces sites sont-ils une cible privilégiée des terroristes ?

Fabrice Pouliquen

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Images de l'attentat du World Trade Center de New-York en 2001.
Images de l'attentat du World Trade Center de New-York en 2001. — Capture d'écran

Crash d’avions, comme pour l’attaque contre le World Trade Center, chute d’un hélicoptère bardé d’explosifs, attaque aux missiles antichar ou attaque interne, menée par des terroristes infiltrés au sein des équipes de EDF ou d’une entreprise sous-traitante… Pendant deux ans, à la demande de l’ONG Greenpeace, sept experts des questions nucléaires ont planché sur la sécurité des réacteurs nucléaires français face aux actes de malveillance extérieurs. Autrement dit, face à la menace terroriste.

« Déjà imaginé par le cerveau du 1-septembre »

Le rapport a été remis ce mardi matin aux plus hautes autorités françaises. Les experts ont planché sur divers scénarios d’attaques et les jugent toutes susceptibles de provoquer une brèche dans les piscines d’entreposage du combustible, le « talon d’Achille des centrales nucléaires français en termes de sécurité », pointe le rapport. Mais ces scénarios sont-ils plausibles ? Plus largement, les centrales nucléaires sont-elles une cible privilégiée des terroristes ?

>> Lire aussi: La piscine, talon d'Achille des centrales nucléaires françaises?

« Par le passé, des attaques de centrales nucléaires ont été projetées par des groupes terroristes, commence Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme, spécialiste du financement des réseaux djihadistes. Le cerveau du 11 Septembre, Khaled Cheikh Mohammed, songeait ainsi au départ à faire écraser un avion sur une centrale nucléaire américaine jusqu’à ce qu’Oussama Ben Laden lui demande de plancher sur une attaque moins compliquée et aux résultats moins aléatoires. »

Des moyens colossaux pour un résultat aléatoire

A la connaissance de Jean-Charles Brisard, aucun projet abouti d’attaques terroristes d’un site nucléaire a vu le jour pour ces raisons précises. « Il y a trop d’inconnues sur ce type de cible, le terroriste ne peut jamais être certains d’atteindre les bâtiments les plus sensibles d’un site nucléaire avec un avion ou un missile, ni du sens du vent qui peut possiblement écarter les nuages radioactifs des bassins de population, poursuit-il. Le terroriste a pour principales préoccupations la simplicité des moyens à mettre en œuvre pour son projet d’attaque et l’efficacité au bout du compte du passage à l’acte. Attaquer un site nucléaire nécessite de mobiliser des moyens colossaux pour, encore une fois, un résultat aléatoire. Les scénarios pris en compte par Greenpeace sont de l’ordre du possible, mais à mon avis peu probables. »