VIDEO. Amérique du Sud: Comment des fermes saignent et avortent des juments pour récupérer une hormone

MALTRAITANCE Les animaux sont martyrisés afin de prélever des litres de sang...

D. D.

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Des juments agonisent dans des «fermes à sang». (image d'illustration)
Des juments agonisent dans des «fermes à sang». (image d'illustration) — Cause Animale Nord
  • Deux ONG, allemandes et suisses, révèlent une pratique d’un autre âge : le saignement et l’avortement répété de juments en Uruguay et en Argentine.
  • Le but : récupérer une hormone que les laboratoires pharmaceutiques revendent ensuite à prix d’or aux éleveurs, notamment français, afin de programmer les naissances de poulain.
  • Le point de départ de cette enquête était de tracer le commerce de la viande de cheval.
  • Ces juments sont ensuite souvent abattues et leur chair importée en Europe pour être consommée, indique une troisième association.

L’homme est un loup pour l’homme… mais aussi pour l’animal. Nos confrères de Libération relatent ce vendredi une pratique qui froid dans le dos.

Des dizaines de litres de sang prélevés

En enquêtant sur le commerce de la viande de cheval, deux associations, l’une suisse, l’autre allemande, ont découvert cinq « fermes à sang » en Uruguay et en Argentine.

La méthode est aussi simple que cruelle. Dans les premiers mois de leur grossesse, les juments sécrètent une hormone dont les laboratoires pharmaceutiques font un commerce lucratif. Cette hormone, c’est la gonadotrophine chorionique équine. Elle est vendue aux éleveurs, et notamment en France, dans le but de programmer les naissances de poulains.

Une fois la jument pleine, est introduit dans leur veine jugulaire un dispositif permettant de récupérer plusieurs litres de sang contenant la précieuse hormone. Les ONG assurent que pendant plus de deux mois, à raison d’une à deux fois par semaine, ces juments se voient prélever jusqu’à dix litres de sang. Dans des conditions sanitaires déplorables.

Engrossées et avortées sans anesthésie

Mais leur calvaire ne s’arrête pas là, car, puisque la molécule tant convoitée n’est plus sécrétée à partir du troisième mois de grossesse, les « fermiers » les avortent… manuellement. Une main enfoncée dans le vagin, ils percent le sac contenant le liquide amniotique et le poulain, simple déchet collatéral, est évacué. Ces juments vont ainsi être à nouveau fécondées afin de renouveler l’opération. Elles le seraient à raison de plusieurs fois par an, alors que leur gestation naturelle est d’environ onze mois.

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Au bout de trois ou quatre ans, les animaux sont dans un tel état que leurs tortionnaires les laissent dépérir et succomber dans la nature. Ou bien les vendent à des abattoirs. Qui commercialisent ensuite leur chair, y compris en France, selon une troisième association, Wellfarm. Une pétition pour interdire l’importation de cette hormone a d’ores et déjà été signée par plus de 1,7 millions de personnes.