Paris: Fin de l'effervescence pour le vélo électrique?

MOBILITE Suppression de la prime à l’achat pour un vélo électrique d’ici février 2018, deux nouveaux services de scooters en libre-service au sein de la capitale, le marché de la bicyclette électrique a-t-il les bâtons dans les roues ?….   

Antoine Irrien
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Un vélo électrique. (Illustration)
Un vélo électrique. (Illustration) — Mickaël Penverne / 20 Minutes
  • Si la prime à l’achat d’un vélo à assistance électrique disparaît, la Ville de Paris, continue à verser 400 euros.
  • Les entreprises de transports « sains » en libre-service prennent d’assaut la capitale.

« Mettre les Parisiens en selle », c’est la devise du plan vélo mis en place dans la capitale depuis deux ans. La Ville de Paris entend notamment « tripler les déplacements à bicyclette et doubler la longueur des voies réservées à leur circulation. » En février, Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, avait mis en place une prime à l’achat, à hauteur de 200 euros, pour un vélo à assistance électrique (VAE).

La province mise de côté 

L’annonce de la suppression de cette prime à l’achat par le nouveau gouvernement sonne creux pour la filière, qui vient de connaître une augmentation phénoménale de ses ventes. « Je suis assez perplexe. Couper ces subventions, c’est surtout enrayer une industrie française qui commence à tourner à plein régime ainsi qu’une effervescence au niveau de la pratique du vélo électrique », explique Laurent Chauvin, fondateur du magasin  La bicyclette électrique à Paris, dans le 5e.

Cependant, de nombreuses collectivités territoriales continueront de proposer une aide à l’achat. La Ville de Paris, elle, « continuera également de mettre en place l’aide financière pour l’achat d’un véhicule électrique à hauteur de 400 euros, jusqu’à 33 % du prix d’achat du vélo. » La décision du gouvernement s’inscrit dans le Projet de loi Finances (PLF), et touche une grande part de la population vivant en province, loin des grandes métropoles, « où le marché du vélo électrique émerge aussi vite que dans la capitale » selon Laurent Chauvin.

L’échappée du scooter électrique

La place du vélo électrique fait aussi partie des sujets les plus importants des assises de la mobilité lancée par le gouvernement le 19 septembre dernier, d’autant que plusieurs acteurs du déplacement écologique se sont positionnés sur le marché parisien. A partir de janvier 2018, 30 % des nouveaux Vélib', qui ont récemment changé de propriétaire, seront dotés d’une assistance électrique. Mais c’est du côté du libre-service que les entreprises font la course. Sous l’impulsion de COUP et Cityscoot, le scooter électrique a fait son apparition dans les rues de la capitale il y a déjà deux ans.

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Un frein en plus pour le vélo électrique ? « Je ne pense pas que le vélo électrique va être bloqué par l’émergence de ces nouveaux services de scooters électriques. Ils ne couvrent principalement que Paris intra-muros. Quand on possède son propre vélo électrique, on peut aller où on veut », affirme Laurent Chauvin. Même constat du côté des Vélib'. Il y a très peu de stations en banlieue. L’acquisition d’un vélo électrique traduit une certaine liberté à Paris.

De nouveaux vélos en libre-service

Entièrement vert, les nouveaux vélos de Gobee.bike sont arrivés, hier, dans la capitale. Ils sont accessibles « via une application mobile permettant aux utilisateurs de les localiser, les déverrouiller grâce à un QR code unique pour chaque vélo, puis de se rendre à la destination de leur choix. » Un concept similaire aux scooters, sans stations, couvrant la Ville de Paris et une partie des Hauts-de-Seine. Pour l’instant, aucun d’entre eux n’est électrique. Pour Manon Desjardins, de Gobee.bike, il s’agit simplement de « mettre le vélo au goût du jour dans un contexte où le défi de la mobilité dans les grandes villes est important. »