VIDEO. Procès d’Abdelkader Merah: Un second policier estime que Mohamed Merah a agi seul

JUSTICE «Sur l'exécution de l'action, nous n'avons pas de complicité, nous n'avons pas identifié d'autre auteur que Mohamed Merah», a affirmé le policier à la barre...

20 Minutes avec AFP

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Abdelkader Merah lors de son premier interrogatoire mardi 3 octobre 2017 devant la cour d'assises spéciale de Paris.
Abdelkader Merah lors de son premier interrogatoire mardi 3 octobre 2017 devant la cour d'assises spéciale de Paris. — BENOIT PEYRUCQ / AFP

Exit l’hypothèse d’une participation d’Abdelkader Merah dans la préparation et l’exécution des sept assassinats commis par son frère Mohamed. Au quatrième jour d’un procès qui se déroule dans une ambiance pesante, un second policier a estimé que le tueur toulousain avait agi seul.

Jugé pour « complicité » dans l’assassinat au nom du djihad de trois militaires, de trois enfants et d’un enseignant juifs], Abdelkader Merah aurait selon le policier de la sous-direction antiterroriste rien à voir avec ce qui s’est passé amrs 2012 à Toulouse et à Montauban.

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La veille, un autre policier avait suscité l’émoi en qualifiant le tireur de « loup solitaire »

« Sur l’exécution de l’action, nous n’avons pas de complicité, nous n’avons pas identifié d’autre auteur que Mohamed Merah », a affirmé de façon anonyme le policier à la barre. « Alors pour vous, les faits ont été commis par Mohamed Merah seul ? », a insisté le président Franck Zientara. « Pour la réalisation physique, exactement », a confirmé le policier tout en précisant que cela n’excluait pas « d’autres aides pour la réalisation de ces faits ».

Un commissaire de police avait la veille suscité l’émoi en développant à peu près la même thèse et qualifiant le tireur de « loup solitaire ». « Nous avons cherché sans préjugé l’existence de complicités sur trois aspects », a, quant à lui, expliqué jeudi le fonctionnaire.

 

« Mohamed Merah a-t-il bénéficié d’une aide physique pour le repérage, la préparation de l’action et la revendication des actions » ? A cette question le policier a répondu non, tout en précisant que deux autres aspects d’une possible complicité seront abordés ultérieurement par d’autres policiers. A savoir : « Comment Mohamed Merah, petit délinquant de cité, s’est-il transformé en terroriste et cette transformation s’est-elle opérée sous l’influence d’un tiers ? » et : « Est-ce que Mohamed Merah a bénéficié d’une aide matérielle et d’un soutien financier ? »

Dupond-Moretti critique le policier

Or, c’est précisément sur ces fondements que l’accusation a décidé le renvoi aux assises d’Abdelkader Merah, accusé d’avoir favorisé la radicalisation de son frère et, en connaissance de cause, participé au vol du scooter utilisé pour commettre les assassinats.

Bien que plutôt favorable à son client, le témoignage du policier a été critiqué par l’avocat d’Abdelkader Merah, Me Eric Dupond-Moretti, qui a fait remarquer au témoin qu’il lisait un rapport sur des actes d’enquête auquel il n’avait pas participé, privant ainsi la défense de la possibilité d’exercer le contradictoire. « Et si Abdelkader Merah ne vous avait pas dit qu’il était avec son frère lors du vol du scooter, l’auriez-vous su ?, a-t-il demandé. « On ne l’aurait pas su », a convenu le policier.

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Pour rappel, avant le témoignage du policier, le ténor du barreau Me Eric Dupond-Moretti avait surpris la cour d’assises en annonçant avoir reçu une lettre anonyme proférant des menaces de mort contre ses enfants.