Attentat à Marseille: Pas de liens établis entre le tueur et des groupes «terroristes», indique la Tunisie

ENQUETE «Nous n’avons pas vraiment de liens aujourd’hui ou de preuve qui prouve l’attachement, quand cette personne était en Tunisie, avec Daesh», a indiqué le Premier ministre Youssef Chahed…

20 Minutes avec AFP

— 

La dépouille d'Ahmed Hanachi sur le parvis de la gare Saint Charles à Marseille.
La dépouille d'Ahmed Hanachi sur le parvis de la gare Saint Charles à Marseille. — Claude Paris/AP/SIPA
  • Un homme a attaqué au couteau deux jeunes filles à la gare Saint-Charles à Marseille. Les deux victimes sont décédées sur le coup.
  • L’assaillant a été formellement identifié comme étant Ahmed H., un ressortissant tunisien.
  • L’homme avait déjà été interpellé à «sept reprises depuis 2005 sous sept identités différentes», selon le procureur de Paris.

Les investigations après l’attaque au couteau de la gare Saint-Charles à Marseille se poursuivent de l’autre côté de la Méditerranée. Le Premier ministre Youssef Chahed a indiqué ce jeudi que l’enquête sur Ahmed H., le ressortissant tunisien ayant tué deux jeunes cousines à Marseille (sud de la France) dimanche, n’avait jusque-là pas mis en évidence de liens avec des groupes « terroristes » en Tunisie.

« L’enquête est en cours, nous n’avons pas vraiment de liens aujourd’hui ou de preuve qui prouve l’attachement, quand cette personne était en Tunisie, avec des groupes terroristes ou Daesh », a-t-il déclaré à la presse.

« Nous avons été aussi choqués en Tunisie »

Il était interrogé, à l’issue d’une rencontre avec son homologue français Edouard Philippe, sur l’attaque au couteau devant la gare Saint-Charles à Marseille, revendiquée par l’organisation Etat islamique peu après les faits. Cette revendication a aussitôt posé question. « Nous avons été aussi choqués en Tunisie puisque nous-mêmes avons été victimes de trois attentats terroristes en 2015 », a encore réagi Youssef Chahed, qui se référait aux trois attaques djihadistes ayant fait 72 morts cette année-là dans le pays.

>> A lire aussi : La famille d'Ahmed H. ne veut pas croire à sa radicalisation

En Tunisie, des proches d’Ahmed H., 29 ans, avaient indiqué mercredi qu’ils peinaient à comprendre ce qui avait pu pousser à l’acte celui qu’ils décrivent comme un consommateur de drogue perdu mais pas radicalisé. Selon son père Noureddine, le jeune homme avait quitté la Tunisie à l’âge de 17 ans mais revenait ponctuellement d’Europe retrouver sa famille dans la région de Bizerte (nord).