VIDEO. Affaire Fiona: Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf de retour devant les assises

JUSTICE Condamnés respectivement à cinq et 20 ans de réclusion en novembre 2016, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf vont être jugés à partir de ce lundi, en appel, pour la mort de la petite Fiona…

Vincent Vantighem

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Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.
Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. — Thierry Zoccolan / AFP
  • Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf débute ce lundi au Puy-en-Velay (Haute-Loire).
  • Le corps de la petite Fiona, 5 ans, disparue en mai 2013, n’a jamais été découvert.
  • Les deux accusés encourent une peine de trente ans de réclusion.

Elle reconnaît avoir été « une mère indigne ». Elle sait bien qu’elle a « menti à la France entière ». Mais, selon son avocat, elle maintient toujours ne jamais avoir frappé Fiona. Cécile Bourgeon doit être jugée en appel, à partir de ce lundi par la cour d’assises de la Haute-Loire, au Puy-en-Velay, pour les coups mortels ayant entraîné la mort de sa fillette de 5 ans, en mai 2013.

Acquittée de ces faits criminels dans une ambiance électrique lors du procès en première instance, elle n’avait été alors condamnée à cinq ans de prison que pour des délits parmi lesquels la « non-assistance à personne en danger » et la « modification d’une scène de crime ».

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Après avoir signalé la disparition de sa fillette dans un parc de Clermont-Ferrand, Cécile Bourgeon, 30 ans, avait finalement avoué, trois mois plus tard, l’avoir découverte morte, un dimanche matin de mai 2013, et l’avoir enterrée aux abords d’une forêt avec Berkane Makhlouf, son compagnon d’alors.

L’hypothèse de l’amnésie dissociative ?

Officielles ou farfelues, les nombreuses recherches effectuées depuis n’ont jamais permis de retrouver le corps de Fiona. Quatre ans après, les jurés de la cour d’assises de la Haute-Loire devront donc, une nouvelle fois, se contenter d’hypothèses sur les circonstances de la mort de la fillette pour juger Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf.

Gravement toxicomanes au moment des faits, ils ont toujours assuré qu’ils étaient tellement « défoncés » et « basés » qu’ils ne se rappellent plus de l’endroit précis où ils l’ont ensevelie, nue et sans même un doudou. « Il est possible qu’ils soient l’objet d’une amnésie dissociative sans que l’on puisse l’affirmer avec certitude », avait témoigné le psychiatre Patrick Blachère lors du premier procès.

La tentative de suicide de Cécile Bourgeon

« Je crois qu’elle ne s’en souvient vraiment plus… », indique, aujourd’hui, Gilles-Jean Portejoie, l’avocat de Cécile Bourgeon qui lui a rendu visite à l’hôpital ces derniers jours. Car la mère de Fiona est hospitalisée depuis fin juillet, dans l’attente de son procès en appel, après avoir tenté de mettre fin à ses jours. « Elle n’a pas supporté de voir sa cinquième demande de remise en liberté refusée, poursuit son avocat. Mais aujourd’hui, ça va. Elle fait confiance à la justice. »

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Reste à savoir quelle attitude adoptera Berkane Makhlouf. Ombre de lui-même lors du procès en novembre 2016 et ralenti par un lourd traitement médicamenteux, il avait passé la quasi-totalité de l’audience à tenter de protéger son ex-compagne, sans que cela ne lui profite. Reconnu coupable de « coups mortels », il a, de son côté, écopé d’une peine de vingt ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté des deux tiers.

Comme en première instance, Cécile Bourgeon et lui encourent, tous les deux, une peine de 30 ans de réclusion. Le verdict doit être rendu vendredi 20 octobre.

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