Attentat à Marseille et à Berlin: La région d’Aprilia en Italie, une plaque tournante du djihadisme?

TERRORISME Cette région « fait l’objet d’une surveillance depuis longtemps en raison de plusieurs cas de présumés sympathisants du djihad, dont certains ont déjà été expulsés pour des raisons de sécurité majeures »…

20 Minutes avec AFP

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La dépouille d'Ahmed H. sur le parvis de la gare Saint Charles à Marseille.
La dépouille d'Ahmed H. sur le parvis de la gare Saint Charles à Marseille. — Claude Paris/AP/SIPA

La région d’Aprilia est-elle une plaque tournante du djihadisme ? Ahmed H., auteur de l’attaque dimanche à Marseille et Anis Amri, l’assaillant du marché de Noël de Berlin, sont tous deux passés par cette région, près de Rome, où la justice italienne enquête sur le transit de « sympathisants » djihadistes.

La région d’Aprilia « fait l’objet d’une surveillance depuis longtemps en raison de plusieurs cas de présumés « sympathisants » du djihad, dont certains ont déjà été expulsés pour des raisons de sécurité majeures », a déclaré le procureur adjoint de Rome, Francesco Caporale. « On ne peut pas, à l’heure actuelle, parler d’une hypothétique cellule djihadiste », a-t-il cependant précisé.

Ahmed H., Anis Amri, Khaled Babouri…

Ahmed H., le Tunisien de 29 ans qui a tué deux jeunes femmes avant d’être abattu par des militaires dimanche à la gare Saint-Charles de Marseille, a vécu plusieurs années à Aprilia. « Il s’est marié à Aprilia avec une Italienne en 2008, il y a été inscrit comme résident entre mars 2010 et mai 2017 et a été arrêté à deux reprises pour une affaire de drogue et une autre de vol », a déclaré ce mercredi un représentant de la mairie.

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En juillet 2015, la ville a également vu passer pour un court séjour le Tunisien Anis Amri, auteur de l’attaque au camion-bélier qui avait fait 12 morts au marché de Berlin en décembre 2016. Il avait été tué quatre jours plus tard par des policiers lors d’un contrôle d’identité près de Milan. « En l’état de actuel de l’enquête, il n’apparaît pas de contact entre Ahmed H. et Anis Amri, ce dernier ayant en outre séjourné seulement pour une courte période dans les environs d’Aprilia, hébergé par Yacoubi Montasar, actuellement en détention pour un autre motif », a expliqué le procureur Caporale.

Selon la presse italienne, trois autres Tunisiens d’Aprilia soupçonnés d’avoir été en contact avec Anis Amri ont été expulsés cette année. Et l’Algérien Khaled Babouri, 33 ans, qui avait attaqué à la machette deux policières en août 2016 à Charleroi, en Belgique, avant d’être lui aussi abattu, avait également séjourné à Aprilia.

Les policiers antiterroristes multiplient les perquisitions depuis dimanche

A la mairie d’Aprilia, on se défend de tout raccourci trop hâtif : « les cas de H. et de Amri sont différents », a déclaré le représentant, tout en admettant qu’il était « logique que la présence sur le territoire de la commune de deux hommes devenus des terroristes internationaux intéresse la justice ». Selon la presse, les policiers antiterroristes multiplient depuis dimanche les perquisitions pour déterminer si Aprilia pourrait abriter une base logistique, le centre d’un réseau de radicalisation, ou au moins un centre de fabrication de faux papiers.

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Commune de 70.000 habitants située à 40 km au sud de Rome, Aprilia compte beaucoup de travailleurs agricoles étrangers employés dans ce verger de la capitale, en majorité des sikhs mais aussi des Africains et plusieurs centaines de Tunisiens.