Leclerc: L’enseigne menace de devoir augmenter fortement ses prix « sous prétexte d’aider les agriculteurs »

CONSOMMATION Michel-Edouard Leclerc estime qu’il faut s’attendre à « des hausses de prix de 5 % à 15 % sur des milliers d’articles alimentaires » si les accords avec les agriculteurs aboutissent…

20 Minutes avec agence
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Michel-Edouard Leclerc le 15 juin 2013.
Michel-Edouard Leclerc le 15 juin 2013. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Michel-Edouard Leclerc, le patron de l’enseigne de distribution, craint que les décisions prises dans le cadre des États généraux de l’alimentation (EGA) ne soient défavorables aux consommateurs, dans un article publié sur son blog ce mercredi.

Il faut s’attendre à « des hausses de prix de 5 % à 15 % sur des milliers d’articles alimentaires… sous prétexte d’aider les agriculteurs ! », prévient le patron médiatique.

Le patron craint la hausse du seuil de revente à perte

Les Etats généraux de l’alimentation, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, visent à assurer un revenu décent aux agriculteurs avec des prix juste pour leurs produits.

Agriculteurs, industriels et la plupart des distributeurs semblent ainsi s’être accordés sur une hausse de 12 à 17 % du seuil de revente à perte (SRP), limite de prix en dessous de laquelle un distributeur ne peut revendre un produit sous peine d’être sanctionné. Ils envisagent aussi un encadrement plus strict des promotions, rapporte Le Figaro.

La stratégie Leclerc mise en danger ?

Mais ces mesures pourraient mettre en danger la stratégie de Michel-Edouard Leclerc basée sur des prix bas, souligne le quotidien.

Pour le patron français, qui a fait du pouvoir d’achat de ses clients un argument commercial, cette hausse des prix ne profitera ni aux consommateurs ni au monde agricole. « Outre l’impact démesuré sur le pouvoir d’achat des Français, comment garantir que ces marges sur l’eau de Volvic, le Nescafé ou le Kinder seront redistribuées aux éleveurs ou aux maraîchers ? », se demande le PDG.

Il « ment et manipule ses clients » estime le patron de Système U

« Je ne laisserai pas Michel-Édouard Leclerc raconter n’importe quoi », a réagi Jean-Philippe Girard, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania). Ce dernier indique que le nouveau mode de calcul du SRP aboutira sur une inflation de 0,05 %, infime pour le consommateur. « Nous essayons de bâtir des prix responsables face aux prix prédateurs de Leclerc, qui avec cette campagne ment et manipule ses clients. Nous ferons tout pour l’empêcher d’être un gagnant sur un champ de ruines », a précisé Serge Papin, patron de Système U.

C’est un coup dur pour ces États généraux de l’alimentation dont les conclusions sont attendues mi-décembre. Emmanuel Macron devrait intervenir dans les débats autour du 11 octobre.