Financement du terrorisme: La mère d'un djihadiste mort en Syrie condamnée à deux ans de prison

SOCIETE Nathalie Haddadi a été condamnée ce jeudi à Paris à deux ans de prison ferme pour avoir «financé le terrorisme» en envoyant de l'argent à son fils qui avait rejoint Daesh…

20 Minutes avec AFP

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Illustration du tribunal correctionnel de Paris.
Illustration du tribunal correctionnel de Paris. — LOIC VENANCE AFP

Nathalie Haddadi, la mère d’un djihadiste franco-algérien présumé mort en Syrie a été condamnée, ce jeudi à Paris, à deux ans de prison ferme pour avoir « financé le terrorisme » en lui envoyant de l’argent, notamment pour payer des billets d’avion.

Peine aménageable et appel probable

Le tribunal correctionnel n’a en revanche pas ordonné son incarcération immédiate comme l’avait requis le procureur lors de l’audience, le 5 septembre. Le représentant de l’accusation avait demandé 18 mois d’emprisonnement. Cette peine est éventuellement aménageable.

Cette femme de 43 ans, qui était jusque-là placée sous contrôle judiciaire, va faire appel, a indiqué à 20 Minutes son avocat, Me Hervé Denis, qui dénonce « une décision scandaleuse ». « Mais je ne suis pas surpris puisque la décision est à l’image de l’audience indigne du 5 septembre dernier », et qui s’était terminée à 4h du matin.

Nathalie Haddadi « est très choquée », poursuit Me Denis. « Son fils, qui était un délinquant, s’est radicalisé en prison. Or, elle n’a jamais approuvé son attitude. C’est une idéologie qu’elle combat, qu’elle conteste. Et en plus on sous-entend qu’elle est responsable de sa mort. »

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« J’ai du mal à croire qu’on m’associe au financement du terrorisme. J’ai aidé mon fils » notamment pour « manger », « je n’ai jamais envoyé d’argent en Syrie ou en Turquie », avait déclaré Nathalie Haddadi, « très inquiète » à son arrivée.

Accusée d’avoir caché aux autorités le passeport de son fils

La justice reprochait notamment à cette musulmane non pratiquante, conseillère commerciale en Alsace, d’avoir payé des billets d’avion pour l’Algérie à son fils, Belabbas Bounaga, qui y aurait rejoint son père début novembre 2015. Radicalisé, sortant de prison, il était alors visé par une interdiction de sortie du territoire français.

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Elle était aussi accusée d’avoir caché aux autorités le passeport de son fils et, surtout, de lui avoir ensuite payé d’autres billets d’avion et fait parvenir quelque 2.800 euros alors qu’il voyageait en Malaisie.

De Malaisie, il avait fini par rejoindre l’organisation djihadiste Daesh en Syrie. En août 2016, sa mère a reçu un appel lui annonçant sa mort, à 21 ans. Devant la presse, elle avait dénoncé le jour de l’audience « une double peine », la perte d’un fils et ce procès.