Manifestations contre la loi travail, Nuit debout... Les signalement contre la police en augmentation en 2016

POLICE Les griefs le plus souvent cités sont les violences, l’irrespect, le refus de prendre une plainte et l’absence de prise en compte du statut de victime…

T.C. avec AFP
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Lorraine: Trois faux policiers dérobent plus de 40.000 euros à un octogénaire (illustration)
Lorraine: Trois faux policiers dérobent plus de 40.000 euros à un octogénaire (illustration) — M.Libert/20 Minutes
  • La police des polices a présenté son rapport sur l’année 2016 ce mercredi.
  • Le nombre d’enquêtes judiciaires de la police des polices et les signalements contre la police ont augmenté l’année dernière.
  • Selon le rapport, les manifestations contre la loi Travail et celles du mouvement Nuit seraient à l'origine de cette poussée des signalements, parmi lesquels les violences ou l'irrespect.

Les manifestations contre la loi Travail et celles du mouvement Nuit debout ont gonflé le nombre d’enquêtes judiciaires de la police des polices (+22 %) et les signalements contre la police (+16 %) en 2016, selon un bilan de l’Inspection générale de la police nationale présenté mercredi.

L’activité judiciaire a légèrement augmenté avec 1.121 enquêtes judiciaires (+22 %) en 2016. « La plupart de ces saisies » sont liées « aux manifestations contre la loi Travail, aux manifestations de Nuit debout mais également au démantèlement de la jungle à Calais », a expliqué Marie-France Monéger-Guyomarc’h, la directrice de l’IGPN. Dans la majorité des cas, les faits reprochés à la police sont des faits de violences volontaires (41 %).

Augmentation des signalements 

Pour les mêmes raisons, les signalements sur la plate-forme dédiée ont augmenté de 16 % avec 3.446 signalements. Les griefs le plus souvent cités sont les violences et autres pratiques brutales (14,9 %), l’irrespect, dont les comportements agressifs, moqueurs, familiers ou injurieux (13,6 %), le refus de prendre une plainte et l’absence de prise en compte du statut de victime (9,1 %).

Augmentation également pour l’usage des armes, obligatoirement signalés par les fonctionnaires de police. En 2016, le nombre de déclarations d’usage de grenade à main de désencerclement a augmenté de 99 % avec 866 déclarations et celui d’usage de lanceur de balles de défense de 66 % avec 1.705 déclarations.

« Une violence qu’on n’avait pas vu depuis fort longtemps »

« Pour ces deux dernières armes, il faut les relier aux manifestations contre la loi Travail dans lesquelles il y a eu une violence qu’on n’avait pas vu depuis fort longtemps qui s’est exprimée », a expliqué Marie-France Monéger-Guyomarc’h. Inversement, l’utilisation du pistolet automatique a baissé de 11 % (255 déclarations) ainsi que celui du « flash-ball » de 7 % (473 déclarations).

Autre chiffre en augmentation présenté lors de ce rapport, et qui n’a rien à voir avec les manifestations de rue de 2016, celui de la lutte contre la corruption, en augmentation de 25 %. « C’est l’une infractions des plus compliquées à détecter et à prouver », souligne la directrice de l’IGPN. Ce sont « 45 enquêtes de corruptions passives concernant 57 agents » qui ont été ouvertes en 2016.

« Nous ne sommes pas dans un pays corrompu »

Dans 35 % des cas, il s’agit de traitements favorables dans la gestion d’une procédure judiciaire, 25 % de délivrances facilitées de documents administratifs et dans 20 % de fournitures d’informations ou de trafic d’influence. « Dans 65 % de nos enquêtes, la contrepartie était monétaire », ajoute Marie-France Monéger-Guyomarc’h, précisant que « ce sont des situations individuelles, on n’a trouvé aucune situation de groupe. Nous ne sommes pas dans un pays corrompu ».