Le TGV Lyon-Turin n'est pas enterré, promet Macron

TRANSPORTS Selon le président, la France et l'Italie sont «pleinement» engagés derrière le projet...

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation d'opposants au projet Lyon-Turin, le 11 juillet 2014 à Chambéry
Une manifestation d'opposants au projet Lyon-Turin, le 11 juillet 2014 à Chambéry — Philippe Desmazes AFP

Le projet est toujours vivant. Emmanuel Macron a rappelé mercredi l’engagement de la France et de l’Italie dans la réalisation de la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, lors d’un sommet à Lyon avec le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

« Nous sommes l’un et l’autre pleinement engagés », a assuré le chef de l’État lors d’une conférence de presse conjointe. « Il faudra développer sur le plan stratégique cet axe au-delà du tunnel de base », a-t-il ajouté en annonçant la création d’un groupe de réflexion sur les interconnexions à la ligne. Le président du conseil italien Paolo Gentiloni s’est pour sa part félicité que le Lyon-Turin « sorte renforcé » de ce 34e sommet.

« Pas avec les idées d’il y a 20 ans »

« Ce projet, on ne peut pas le faire réussir avec les idées d’il y a 20 ans », quand il a été imaginé ; il faut « l’adapter aux modes de mobilité contemporains », des mobilités « plus écologiques, plus intelligentes », a précisé Emmanuel Macron. « En Italie, nous avons travaillé évidemment sur toutes les interconnexions de l’ouvrage, pour réduire l’impact sur l’environnement et nous allons continuer à voir dans cet ouvrage une infrastructure nécessaire à l’unité ferroviaire européenne », a ajouté Gentiloni.

En juillet, la ministre des Transports Élisabeth Borne avait affirmé que le Lyon-Turin était concerné par la « pause » dans les constructions de nouvelles infrastructures annoncée par M. Macron, en faisant état toutefois de la « spécificité » de ce projet « financé à 40 % par l’Union européenne mais aussi à 35 % par l’Italie ». Ces propos avaient jeté le trouble entre adversaires du Lyon-Turin, qui avaient salué cette pause comme « une sage décision », et partisans du projet, qui avaient demandé à l’Elysée de « clarifier sa position » et de « confirmer l’engagement de l’État ».

Mise en service en 2030

La société franco-italienne TELT, responsable de la réalisation de la ligne, avait quant à elle assuré que « pause » ne signifiait pas « suspension » d’un chantier déjà largement entamé.

Côté français, le percement de la galerie de reconnaissance de 9 km à Saint-Martin-la-Porte (Savoie) s’est poursuivi et « 1,4 km a été excavé », a précisé mercredi à l’AFP un porte-parole de TELT. Le tunnelier, qui perce dans l’axe et au diamètre du tube Sud du futur tunnel, avance à la cadence de « dix mètres par jour », a-t-on précisé. Des difficultés géologiques avaient été rencontrées il y a quelques mois.

Côté italien, la galerie de reconnaissance de La Maddalena à Chiomonte, longue de 7 km, qui servira notamment d’accès au chantier du tunnel de base, est terminée.

Le futur tunnel transfrontalier, long de 57,5 kilomètres - 45 km en France et 12,5 km en Italie - et dont le coût est estimé à 8,3 milliards d’euros, entre dans sa phase de construction, avait indiqué en juin Hubert du Mesnil, président de TELT, assurant que le calendrier de la mise en service de la ligne, à l’horizon 2030, serait tenu.

Le tunnel de base sera constitué de deux tubes à voie unique. Il reliera les gares internationales de Saint-Jean-de-Maurienne et de Suse, avec des interconnexions au réseau existant, en France et en Italie.