Egalité des sexes: Les éditions Hatier publient le premier manuel scolaire en écriture inclusive

EGALITE Ce manuel est rédigé avec une écriture inclusive, qui consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans tous les noms…

Clémence Apetogbor

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Illustration d'une classe de primaire
Illustration d'une classe de primaire — SERGE POUZET/SIPA

Petite révolution pour la rentrée 2017-2018. Les éditions Hatier sont les premières à proposer un manuel d’histoire en écriture inclusive, rapporte le Figaro. Le livre Magellan et Galilée - Questionner le monde, sera destiné à la rentrée prochaine aux élèves de CE2.

Ce manuel est donc rédigé avec une écriture inclusive, ou genrée, qui consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans tous les noms. Ainsi peut-on lire dans ce manuel que « grâce aux agriculteur·rice·s, aux artisan·e·s et aux commerçant·e·s, la Gaule était un pays riche ».

Comme le rapporte Konbini, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) recommandait dès en 2015 que la communication publique adopte une écriture inclusive, dans un guide pratique « pour une communication sans stéréotype de sexe ».

Sur Twitter, le HCE a félicité les éditions Hatier pour cette initiative.

Les stéréotypes de genre solidement ancrés chez les enfants dès l’âge de 10 ans

Une initiative qui ne plaît pas à tout le monde. La Manif pour tous a estimé que « le mouvement à l’offensive pour imposer l’écriture inclusive est idéologique, égalitariste et même paranoïaque ».

« Seul·es les partisan·es de la domination masculine devraient s’étouffer devant l’écriture inclusive ! », a réagi Eliane Viennot, professeure de littérature à l’université de Saint-Etienne, dans une tribune publiée sur le site de Franceinfo. « Si nous voulons vraiment l’égalité, nous devons nous débarrasser autant que possible des travers légués par des siècles où seuls les hommes maniaient la parole publique, et le faisaient à leur avantage », lance la professeure.

Selon une étude publiée mercredi dernier, les stéréotypes de genre sont solidement ancrés chez les enfants dès l’âge de 10 ans. L’étude, publiée dans le Journal of Adolescent Health et menée dans quinze pays, souligne que ces croyances peuvent augmenter les risques de dépression, suicide ou violence chez les adolescents. Elle suggère que les efforts consentis pour combattre les stéréotypes de genre sont inutiles car ils visent les adolescents alors qu’ils devraient se concentrer sur des enfants plus jeunes.