Le président du Conseil supérieur des programmes démissionne... et se paye Blanquer au passage

EDUCATION L'homme est proche de l'ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem...

D.B. avec AFP
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Michel Lussault  le 15/09/15..
Michel Lussault le 15/09/15.. — THOMAS SAMSON / AFP
  • Dans Le Monde, il fustige la tendance du ministre de l’Education à multiplier les annonces.
  • Il lui reproche aussi de démolir toutes les réformes qui avaient été instaurées par Najat Vallaud-Belkacem.

Il claque la porte avec fracas. Le président du Conseil supérieur des programmes (CSP) Michel Lussault a annoncé mardi dans Le Monde sa démission. Mais loin de partir sur la pointe des pieds, il en a profité pour critiquer le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer. Il l’a ainsi accusé de « multiplier, sans discussion ni concertation, les annonces souvent unilatérales et idéologiques ».

La démission de ce proche de l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem qui l’avait nommé à ce poste en 2014, était attendue, alors que le ministre multiplie les annonces souvent polémiques depuis sa prise de fonction, accusé par ses détracteurs de vouloir détricoter les réformes de ses prédécesseurs. « Je démissionne pour envoyer peut-être un message au ministre, au ministère (…) pour essayer d’arrêter le jeu qui est lancé depuis quelques semaines, qui consiste à agiter un certain nombre de sujets et à satisfaire ce que je crois être quelques bas instincts d’une clientèle politique », a-t-il précisé sur France Inter mardi matin.

La tendance au détricotage de Blanquer fustigée

Il a accusé le ministre d’avoir remis en cause « de façon très brutale et unilatérale des évolutions qui avaient été longuement discutées pendant les années précédentes », mentionnant le changement des apprentissages en CP et les rythmes scolaires notamment.

Dans Le Monde, il a aussi critiqué la présence du Jean-Marie Blanquer en « Une » des magazines Valeurs actuelles et Causeur, auxquels le ministre a accordé des entretiens, estimant qu’il s’agissait de « gestes profondément politiques » qui constituaient une « erreur ». Il a affirmé avoir ressenti les « réserves » du ministre à l’égard du CSP dès leur rencontre en août.

« Je lui ai dit que le CSP permettait notamment de sortir des débats partisans. Je n’ai pas réussi à le convaincre. Dans ces conditions, il devenait difficile pour moi d’envisager un maintien, ce que je n’ai pas caché au ministre », affirme-t-il.

Depuis, il affirme n’avoir pas eu « un seul contact » avec la direction générale de l’enseignement scolaire. « Laisser le CSP sans nouvelle me semble discourtois. Ce n’est pas une façon de traiter une institution qui, quoi qu’on en pense, a pleinement rempli son rôle », affirme-t-il. « Je n’accepte pas ce mépris, qui est aussi une marque choquante de désinvolture par rapport à une instance créée par la loi », juge-t-il aussi.