Migrants: Une association dénonce les violences subies par les mineurs à Calais et à Paris

PARIS Ces jeunes sont souvent victimes de viol, réduits en esclavage ou prostitués...

D.B.

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Des migrants dans le quartier de La Chapelle, à la limite nord de la ville, à Paris, France, le jeudi 17 août 2017. AP Photo/Francois Mori
Des migrants dans le quartier de La Chapelle, à la limite nord de la ville, à Paris, France, le jeudi 17 août 2017. AP Photo/Francois Mori — Francois Mori/AP/SIPA
  • Des prédateurs repèrent des migrants à côté des centres d’accueil et des gares à Paris ou à Calais.
  • Ils exploitent leur misère, moyennant quelques euros.
  • Les associations sont débordées par l’ampleur du phénomène, mais tentent de leur porter secours.

Ils sont loin de leur pays et à la merci de personnes sans scrupule. Les mineurs migrants de la Porte-de-la-Chapelle (18e arrondissement de Paris) sont souvent victimes de viol, réduits en esclavage ou prostitués, dénonce l’association Utopia 56.

Des violences qui s’exercent aussi à Calais contre les mineurs migrants. Les personnes qui les exploitent les repèrent généralement à proximité des centres d’accueil et des gares, avant de les aborder en leur promettant de l’argent. « Il y a des gens qui viennent, ils nous prennent, ils nous emmènent pour partir travailler chez eux. Le travail qu’ils nous font faire, c’est pas bien », a ainsi confié Amara, un Guinéen de 16 ans, à un journaliste de France Bleu Paris. Arrivés en France sans papier et sans argent, ils sont parfois contraints de céder aux propositions malhonnêtes pour tenter de survivre.

Des mineurs disparaissent sans que l’on sache ce qui leur est arrivé

L’aide à l’enfance, débordée, ne peut pas toujours intervenir rapidement. D’autant que ces mineurs sont mobiles et difficiles à localiser. Les associations de terrain tentent de les aider et de les orienter vers le dispositif d’évaluation des mineurs isolés géré par la Croix-Rouge. Mais là aussi, elles croulent sous la tâche, d’autant que chaque semaine, de nouveaux mineurs migrants arrivent à Paris.

Pas question pour autant de laisser ces jeunes seuls face à leurs exploitants : « On a fait des signalements. Il y a des enquêtes qui sont ouvertes », a déclaré à France Bleu Paris Yann Manzi de l’association Utopia 56. L’association s’inquiète aussi de voir disparaître certains mineurs sans que l’on sache ce qui leur est arrivé.