Tabac: Le paquet de cigarettes augmentera six fois en trois ans pour atteindre 10 euros

TABAGISME Le paquet de cigarettes augmentera de 35 centimes dès la fin de l’année puis d’un euro en mars prochain. Et ce n’est qu’un début a annoncé Agnès Buzyn, ministre de la Santé…

20 Minutes avec agences

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Le paquet de cigarettes atteindra les 10 euros en 2020 (illustration).
Le paquet de cigarettes atteindra les 10 euros en 2020 (illustration). — O.Aballain/20 Minutes

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a annoncé ce mercredi une hausse du prix du paquet de cigarettes de 35 centimes avant la fin 2017.

« Nous allons harmoniser le prix du paquet du tabac, notamment les (prix) plus faibles, dès la fin de l’année (…) pour aboutir à des paquets à 7,10 euros », a-t-elle déclaré sur Europe 1.

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Plus de trois euros d’augmentation en trois ans

Cette mesure marquera le début d’une série d’augmentations des prix du tabac au cours des trois prochaines années. Au total, le tarif devrait évoluer six fois d’ici 2020, date à laquelle le paquet sera vendu 10 euros, comme l’avait promis Emmanuel Macron pendant sa campagne.

« Il y aura une hausse d’un euro en mars prochain. (…) Il y a aura ensuite des hausses de 50 centimes d’euros en avril et en novembre 2019, de 50 centimes en avril 2020 et de 40 centimes en novembre 2020 », a précisé Agnès Buzyn.

Des mesures « biaisées et inadaptées »

Si la ministre évoque « un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l’arrêt », les mesures du gouvernement sont loin de faire l’unanimité.

Brian Dalton, responsable communication chez Seita (Société d’exploitation industrielle des tabacs et des allumettes), les qualifie de « biaisées et inadaptées ». Il explique qu’« en choisissant de s’attaquer aux marques d’entrée de gamme, cette mesure a peu de chance de faire reculer le tabagisme en France car on sait que ce sont les marques les plus chères qui captent le plus de fumeurs ».

Une opinion que partage Éric Sensi-Minautier, directeur de la communication chez British American Tobacco (BAT), qui estime que « ce sont les cigarettes chères qui sont en croissance et non les cigarettes d’entrée de gamme ».

Les « anti-cigarettes » attendent encore plus

Les buralistes, par la voix du secrétaire général de leur confédération, Jean-Luc Renaud, déplorent que ces « hausses désastreuses » ne soient « malheureusement pas accompagnées d’un réel plan de lutte contre le marché parallèle ». Ils regrettent « l’absence de concertation (…) promise par la ministre ».

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Les « anti-cigarettes » sont de leur côté satisfaits des hausses de prix jusqu’à 2018 mais jugent les augmentations suivantes trop progressives. « C’est dommage qu’on ne passe pas de 7 à 10 euros tout de suite, mais je dis bravo à la hausse initiale de 1,35 euro », a ainsi déclaré Gérard Audureau, le président de l’association Droits des non-fumeurs (DNF).

29 % des Français fument, a rappelé Agnès Buzyn, contre moins de 20 % de la population britannique qui a fait face dans le passé à de fortes hausses du prix des cigarettes. La ministre espère le même impact en France où, chaque année, « plus de 75.000 personnes » décèdent prématurément à cause du tabac, selon le rapport 2017 de référence sur la santé des Français.