Les détracteurs de la réforme du code du travail tentent de peser dans la rue

SOCIAL Pour eux, les ordonnances présentent « des risques de dumping social » et mettent en péril le syndicalisme dans l’entreprise...

20 Minutes avec AFP

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Un jeune homme lance un projectile lors de la manifestation contre la réforme du Code du travail, mardi 12 septembre à Paris.
Un jeune homme lance un projectile lors de la manifestation contre la réforme du Code du travail, mardi 12 septembre à Paris. — ALAIN JOCARD / AFP

Les syndicats opposés à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, battent à nouveau le pavé et appellent à la grève ce jeudi, pour tenter d’infléchir la position d’un gouvernement résolu à mener son projet à terme.

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« La démocratie, ce n’est pas la rue », a tranché mardi Emmanuel Macron depuis New York. A l’avant-veille de cette deuxième mobilisation, lancée par la CGT, Solidaires, la FSU et l’Unef, le chef de l’Etat a réitéré son objectif : faire aboutir une réforme, applaudie par le patronat et les DRH, qui reprend certaines de ses promesses emblématiques de campagne.

« Des risques de dumping social »

« C’est une belle avancée qui va favoriser la confiance pour le redressement du pays », s’est de nouveau réjoui cette semaine Pierre Gattaz, le patron de Medef. Les syndicats ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, les ordonnances, soumises en conseil des ministres vendredi, présentent « des risques de dumping social » et mettent en péril le syndicalisme dans l’entreprise.

Ils sont notamment inquiets d’une baisse des moyens accordés aux représentants du personnel, dans le cadre de la fusion des instances. Ils pointent du doigt également le plafonnement des indemnités prud’homales ou la possibilité de passer outre les syndicats pour négocier dans les entreprises de moins de 50 salariés.

« C’est un vrai drame pour la jeunesse de ce pays »

S’il y a consensus entre les syndicats pour dire que cette loi risque d’affaiblir les droits des salariés --une vision que partagent les Français selon les sondages--, ils ne sont pas arrivés à faire front commun.

« On est bien décidé pour que les ordonnances ne passent pas. C’est un vrai drame pour la jeunesse de ce pays », a déclaré jeudi Philippe Martinez, numéro un de la CGT, qui défilera à partir de 14h à Paris, de Montparnasse jusqu’à place d’Italie.

Il a également « tendu la main » aux autres grandes confédérations, qui n’ont pas rejoint la mobilisation, pour une rencontre « rapide » en vue d’une « riposte » commune.

Près de 200 rassemblements programmés

Comme la semaine dernière, des militants FO, CFE-CGC, CFTC et CFDT viendront gonfler les troupes des défilés, en opposition avec les lignes de leurs centrales respectives.

L’ampleur des manifestations sera cruciale, alors que près de 200 rassemblements et manifestations sont programmés, légèrement plus que la dernière fois. Mais aucune nouvelle date de mobilisation n’est envisagée pour le moment.

« Ajuster les ordonnances »

Jeudi, la grève dans les transports publics est nettement moins suivie, avec un trafic quasi normal à la SNCF et normal à la RATP.

Jean-Luc Mélenchon, qui organise samedi avec La France Insoumise son propre défilé contre la réforme, défilera jeudi à Paris.

Pour ne pas rester en retrait de la grogne, les numéros un de la CFDT, de la CFTC et de l’Unsa ont appelé l’exécutif mardi à « ajuster » les ordonnances, pointant du doigt un projet « déséquilibré », qui « facilite » les licenciements.