Attaque contre un militaire à Châtelet: Le suspect voulait «se suicider», selon ses avocats

INFO «20 MINUTES» Mis en examen lundi, l’homme de 39 ans qui a attaqué au couteau un militaire à Châtelet a indiqué qu’il voulait en réalité mettre fin à ses jours…

Vincent Vantighem

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Paris, le 16 février 2017. Un soldat de l'opération Sentinelle patrouille à proximité de la station Châtelet-les-Halles.
Paris, le 16 février 2017. Un soldat de l'opération Sentinelle patrouille à proximité de la station Châtelet-les-Halles. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
  • Un homme a été arrêté, vendredi, après avoir attaqué un militaire au couteau.
  • Lundi, il a été mis en examen et placé en détention provisoire.
  • Selon ses premières déclarations, ce suspect serait atteint de troubles dépressifs.

Il a levé son couteau à légumes vert fluo en criant « Allah akbar ». Mais il n’a jamais achevé son geste. L’homme de 39 ans qui a tenté d’attaquer un militaire de l’opération Sentinelle, vendredi à la station Châtelet-les-Halles (Paris), aurait agi dans le seul but « de se suicider », ont confié à 20 Minutes Grégory Saint Michel et Nadja Diaz, ses avocats, ce mardi.

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Peu avant 6 heures vendredi, ce Franco-marocain avait été interpellé par les militaires sans qu’aucun coup de feu ne soit échangé et alors qu’il brandissait son couteau au bout cassé dans la station de métro. Mis en examen, lundi, pour tentative d’assassinat sur une personne dépositaire de l’autorité publique en lien avec une entreprise terroriste, il a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). « Selon ses premières déclarations devant le juge, il semble souffrir de troubles dépressifs », a indiqué Grégory Saint Michel.

Il a expliqué que les affiches dans le métro lui parlaient

Marié et père d’une petite-fille d’un an, M. O. a ainsi expliqué qu’il était régulièrement sujet aux crises d’angoisses. Et de détailler aux enquêteurs qu’il avait parfois le sentiment d’être poursuivi dans la rue par les RG (Renseignements généraux), que les affiches dans le métro lui parlaient ou encore qu’il fermait, chez lui, ses placards à clé avant de s’endormir pour ainsi éviter les problèmes durant la nuit.

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Vendredi matin, ce musulman pratiquant inconnu des services de police avait quitté son domicile des Hauts-de-Seine en RER pour commettre son acte en ne laissant derrière lui qu’un simple mot griffonné au dos d’une enveloppe : « Je m’excuse. ». Il doit désormais faire l’objet d’un examen psychiatrique afin de déterminer si son discernement était altéré au moment des faits.

Le dispositif Sentinelle va évoluer

Il s’agit de la septième attaque contre des militaires de la force Sentinelle depuis sa mise en place dans le cadre du plan Vigipirate après les attentats de janvier 2015. La dernière en date a fait six blessés parmi un groupe de militaires percutés le 9 août par une voiture à Levallois-Perret (Hauts de Seine).

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Jeudi, à la veille de cette attaque, le gouvernement avait annoncé une « évolution » de l’opération Sentinelle, expliquant que les 7.000 à 10.000 militaires seraient désormais davantage mobilisés sur les points sensibles et certains événements ponctuels. Selon Florence Parly, la ministre des Armées, le but est de rendre « le dispositif encore plus imprévisible et indécelable pour les agresseurs potentiels ».