Ils ont voulu donner un prénom original à leur enfant et c'est passé (ou pas)

VOUS TEMOIGNEZ Les internautes de la page Facebook de «20 Minutes» révèlent les réactions de l'état-civil face au prénom qu'ils ont voulu donner à leur enfant...

Charlotte Murat

— 

Illustration d'un nourrisson dans une maternité.
Illustration d'un nourrisson dans une maternité. — DIDIER PALLAGES / AFP
  • Avant la loi du 9 janvier 1993, l'état-civil pouvait refuser certains prénoms.
  • Des parents ont tout de même eu gain de cause.
  • Depuis, l'originalité est admise, et même les prénoms inventés.

Le tribunal a tranché. Le petit Fanch n’aura pas sa tilde et ses parents ne pourront donc l’appeler Fañch que dans l’intimité. Des prénoms refusés par l’administration, il y en a eu beaucoup, surtout avant  le 9 janvier 1993, date à laquelle une loi autorisait (enfin ?) les parents à prénommer leur enfant comme ils le souhaitaient. Les internautes de la page Facebook de 20 Minutes racontent leurs déboires ou leur victoire pour faire accepter un prénom pas courant.

>> A lire aussi : Affaire Fañch: Pourquoi l’Etat peut-il refuser le prénom de votre enfant

Les prénoms refusés

Søren « Mon fils de 2 ans s’appelle Søren [Prénom d'origine scandinave], explique Orane. La mairie nous a refusé le ø, car il ne fait pas parti des caractères spécifiques autorisés. Je pense faire une demande de modification auprès du tribunal. »

Maude « Il y a 31 ans, lorsque j’ai voulu franciser le prénom de ma fille Maud pour Maude, cela nous a été interdit par l’état civil. On nous a dit de le mettre en deuxième prénom. Voilà pourquoi ma fille s’appelle Anne-Sophie pour l’état civil. Toutefois, nous l’avons toujours appelé Maude, ainsi que tous ses amis. Aujourd’hui, si elle voulait le remettre en premier prénom, il faudrait passer par un avocat et par le juge des affaires familiales. »

Siobhan « J’ai une fille nommée Jodie, née en 1991, car le prénom Siobhan nous avait été refusé, se souvient Nath. Il ne faisait pas partie des registres de la mairie. J’ai fait une demande écrite au procureur de la République qui m’a été refusée. »

Prescilla « J’ai 34 ans et sur mon bracelet de naissance il est écrit Prescilla, indique Priscilla. Mais cette version n’existait pas et donc l’état civil a transformé le "e" en "i". »

Fleur « Je suis née en 1991 et je devais m’appeler Fleur. Mais ça a été refusé et donc je m’appelle Iris. »

Maïka « Mon vrai prénom, Maïka, a été refusé par la préfecture de mon lieu de naissance, sous prétexte que c’est un prénom arabe et que je suis française. C’est donc mon deuxième prénom, Vanessa, qui est passé. »

Les prénoms pour lesquels il a fallu se battre

Alaïs « Ma fille s’appelle Alaïs, raconte Victoria. Mais le jour de la déclaration de naissance, l’officier d’état civil a marqué Anaïs. Le temps que je réagisse, beaucoup de documents étaient déjà rédigés. Quand je leur ai demandé de corriger, ils m’ont répondu qu'il fallait aller au tribunal pour faire une demande et vérifier que ce prénom existait bien. Là, j’ai expliqué que j’avais eu un coup de cœur pour Alaïs en feuilletant un livre sur les prénoms. Résultat, ma fille s’est appelée Anaïs administrativement pendant 9 mois. »

Cloélia « Quand je suis née, la mairie de mon lieu de naissance a refusé mon prénom. Car pour eux, il n’existait pas. Mon père a dû leur apporter comme preuve le dictionnaire des prénoms. »

Azurre « Je suis restée trois jours sous X parce qu’il a fallu négocier le "re" a la fin de mon prénom. »

Gweltaz « J’ai appelé mon fils Gweltaz né en 1975 en hommage au chanteur breton Gweltaz Ar Fur, raconte Alain. L’état civil m’avait demandé un acte de naissance prouvant que j’étais breton. »

Liberty « On a appelé notre fille Liberty, indique Lili. Mais trois jours plus tard, la mairie m’a téléphoné à l’hôpital pour me proposer Liberta, car Liberty n’existait pas pour eux. J’ai refusé et mon mari a dû aller à l’ambassade des Etats-Unis pour avoir un certificat d’existence de ce prénom. »

Les prénoms inventés et c’est passé

Djurny « Moi j’ai carrément inventé le prénom de ma fille, révèle Sylvie. Je n’ai jamais eu le moindre souci. Son prénom est unique comme elle. »

Sayhanne (fille), Meylian (garçon), Louëmy (fille) et Lysoë (fille) « Mes enfants ont tous un prénom inventé, explique Annah. On ne m’a jamais embêtée avec ça et tant mieux, car je tenais à leur offrir quelque chose d’unique. A chaque fois, l’originalité était la bienvenue auprès des officiers de l’état civil. »

Jahyann Jah’lina assure n’avoir « pas eu de soucis pour mon fils Jahyann ».

Ly’Ana C’est le prénom de la fille de Maéva. « On n’a pas eu de problème avec l’administration, mais les gens sont souvent "gênés" par l’apostrophe. »

Elaÿn « Ma fille s’appelle Elaÿn, indique Aude. La clinique ne voulait pas mettre les trémas car selon eux cette orthographe n’était pas française. Mais l’administration a accepté, le "ÿ" étant du vieux français et ayant été remplacé par "ï" de nos jours. »