En 15 ans, les enfants ont perdu près de vingt minutes de sommeil par nuit

ETUDE C’est la conclusion d’une étude réalisée par trois chercheurs des universités de Tours et Orléans qui ont planché sur les rythmes de sommeil de 778 enfants âgés de 5 à 10 ans. La faute aux parents ?...

F.P.

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En 15 ans, les enfants ont perdu près de vingt minutes de sommeil par nuit.
En 15 ans, les enfants ont perdu près de vingt minutes de sommeil par nuit. — JEFF PACHOUD / AFP

Vingt minutes de moins par nuit en quinze ans. Les nuits de nos enfants sont de plus en plus courtes, concluent trois chercheurs des universités de Tours et Orléans dans une étude commandée par le ministère de l’Education nationale qui souhaitait mesurer les effets des nouveaux rythmes scolaires.

Des changements de comportement à la clé ?

Pour cette étude, dévoilée dansLe Parisien, les auteurs ont observé les rythmes de sommeil de 778 enfants âgés de 5 à 10 ans issus d’un échantillon représentatif d’écoles. Résultat ? En moyenne, les enfants ont perdu quinze à vingt minutes de sommeil par nuit par rapport à il y a 15 ans. Quand un enfant de 5 ans a besoin de 11h30 de sommeil par nuit, il ne dort plus que 10h33 lorsqu’il y a école le lendemain et 10h55 sinon.

>> Lire aussi: Dormir 5 ou 9 heures par nuit: Comment expliquer les différents besoins de sommeil?

Pour un enfant de 8 ans, qui a besoin de 10h30 de sommeil, il ne dort plus que 10h14 en moyenne, lorsqu’il y a classe le lendemain, et 10h36 sinon. C’est pire encore pour les adolescents. En un siècle, les moins de 18 ans ont perdu une heure de sommeil par nuit, ce qui entraîne des difficultés de concentration à l’école et des changements de comportement, précise Le Parisien.

« Jet lag social » et parents étourdis

La réforme des rythmes scolaires en 2013, avec le retour de l’école le mercredi et la mise en place d’activités périscolaires l’après-midi, n’a pas élevé le niveau de fatigue des plus petits. C’était l’une des craintes exprimées par certains parents. Le niveau d’attention des écoliers, mesuré par les chercheurs, ne faiblit pas dans la semaine, rapporte Le Parisien. Il est faible le lundi, augmente jusqu’au mercredi, puis se stabilise jusqu’au vendredi.

Le manque de sommeil des enfants serait donc à chercher ailleurs. L’étude met en avant deux causes. La première relève des parents. Ces derniers sous-estiment d’environ 30 à 50 minutes le temps réellement passé par leurs enfants au lit. Les écoliers souffrent aussi de ce que les chercheurs appellent le « jet lag social ». Autrement dit, les changements de rythmes entre la semaine et le week-end, faits de couchers tardifs et de grasses matinées. Or, « le sommeil n’est pas plastique, explique Nadine Le Floch, l’une des auteurs de l’étude, interrogée par Le Parisien. Le temps qu’on manque le soir n’est pas récupéré en dormant plus le longtemps le lendemain matin. »