VIDEO. Infanticide de Berck: Fabienne Kabou condamnée à 15 années de réclusion criminelle

PROCÈS Fabienne Kabou était jugée, en appel, à Douai pour avoir abandonné à la mort sa fillette de 15 mois sur une plage de Berck (Pas-de-Calais)...

Vincent Vantighem

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Fabienne Kabou lors de son procès en 2016.
Fabienne Kabou lors de son procès en 2016. — B.PEYRUCQ / AFP
  • Fabienne Kabou a été condamnée à 15 années de réclusion criminelle.
  • Une peine de dix-huit années avait été requise, jeudi, par l'avocate générale.
  • En première instance, en 2016, elle avait écopé d'une peine de 20 ans.

A la cour d’assises d’appel du Nord, à Douai

« Je n'arrive plus à réfléchir... », a-t-elle simplement lâché, en sanglots, à ses avocats, juste après le verdict. Fabienne Kabou a été condamnée, ce vendredi, à 15 années de réclusion criminelle par la cour d’assises d’appel du Nord, à Douai. En première instance, en juin 2016, elle avait écopé d’une peine de 20 ans.

 

 

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Comme les psychiatres et les psychologues, les jurés ont donc estimé que le discernement de Fabienne Kabou était « altéré » ce soir de novembre 2013 où elle a déposé Adélaïde, sa fillette de 15 mois, sur la plage de Berck (Pas-de-Calais) alors que la marée montait. Passible de la réclusion criminelle à perpétuité pour assassinat, elle a donc vu sa peine allégée pour cette raison, comme le prévoit l’article 122-1 du code pénal. L'avocate générale, Pascale Girardon, avait requis à son encontre une peine de dix-huit années de réclusion.

« Les jurés ont jugé la femme et non pas uniquement le geste, s'est félicité Frank Berton, l'un de ses avocats. Dans cette affaire, la justice a su faire preuve de ... discernement. » En pleurs de longues minutes, Fabienne Roy-Nansion, son autre avocate qui la suit depuis quatre ans, a salué, pour sa part, une « belle victoire, une magnifique victoire ».

Les marabouts et les sacrifices de boeufs

Jeudi après-midi, Frank Berton avait demandé aux jurés de se poser une unique question avant de déterminer la peine : « Connaissez-vous beaucoup de femmes qui prennent le bus à Saint-Mandé (Val-de-Marne) pour aller tuer leur fille à Berck (Pas-de-Calais) ? »

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La réponse est évidemment non. Et c’est pour cela qu’il leur avait demandé d’abaisser sa peine actuelle dans le but de « la faire revenir parmi nous ». Dans le cas contraire, selon lui, les jurés auraient « cautionné les marabouts, les voyants et les sacrifices de bœufs » qui peuplent ce dossier.

Malade mentale mais « il y a autre chose »

Née à Dakar (Sénégal) en 1977, Fabienne Kabou a toujours justifié son geste en expliquant qu’elle était victime de « sorcellerie ». Qu’elle avait tué sa fille pour « la sauver d’un sort pire encore ». Mais, mardi, pour la première fois depuis les faits, elle a admis dans le box qu’elle était bien « malade mentale », tout en précisant qu’il y avait « autre chose »…

Emprisonnée à Sequedin (Nord), Fabienne Kabou a accepté, il y a un an, de se soumettre à un traitement médicamenteux. La cour d’assises l’a également condamnée, ce vendredi, à un suivi sociojudiciaire d'une durée de huit ans et à une obligation de soins de trois ans. Selon ses avocats, elle pourrait être libérable « d'ici 5 ans environ ».

Retrouvez tout le déroulement de ce procès sur le compte Twitter de notre journaliste : @vvantighem

La plage de Berck-sur-Mer où le corps sans vie d'Adélaïde, 13 mois, a été découvert en 2013.
La plage de Berck-sur-Mer où le corps sans vie d'Adélaïde, 13 mois, a été découvert en 2013. - DENIS CHARLET / AFP