Infanticide de Berck: Dix-huit ans de réclusion criminelle requis contre Fabienne Kabou

PROCÈS Pascale Girardon, l'avocate générale, a requis, ce jeudi, une peine de dix-huit ans de réclusion contre Fabienne Kabou pour l'assassinat de sa petite fille de 15 mois...

Vincent Vanthighem
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Douai (Nord), le 08 septembre 2017. Fabienne Kabou est jugée en appel pour avoir déposé sa fillette de 15 mois sur la plage de Berck en 2013.
Douai (Nord), le 08 septembre 2017. Fabienne Kabou est jugée en appel pour avoir déposé sa fillette de 15 mois sur la plage de Berck en 2013. — V. VANTIGHEM
  • Fabienne Kabou est jugée en appel, à Douai, pour infanticide.
  • L'avocate générale a requis, ce jeudi, une peine de 18 ans de réclusion.
  • Le verdict sera rendu vendredi.

A la cour d’assises d’appel du Nord, à Douai

« La sorcellerie, c’est une explication de pure opportunité ! » L’avocate générale Pascale Girardon a requis, ce jeudi après-midi, une peine de 18 années de réclusion criminelle ainsi qu'une obligation de soins à l’encontre de Fabienne Kabou jugée, en appel depuis vendredi par la cour d'assises du Nord à Douai, pour l’assassinat de sa fillette de 15 mois.

Dans ce procès habité par les marabouts, les guérisseurs et les sacrifices de bœufs ou de moutons invoqués par l’accusée pour expliquer son geste, l’avocate générale a demandé aux neuf jurés de s’en tenir aux faits. Et ils sont « têtus », selon elle.

« Il n’est pas discuté que Fabienne Kabou a déposé son bébé de 15 mois sur une plage de Berck (Pas-de-Calais) le 19 novembre 2013, peu après 21h. » Et d’ajouter qu’avec « une température proche de 0° » et « le peu de monde sur la plage de Berck en novembre », l’accusée âgée de 40 ans aujourd’hui savait très bien que « sa fille était vouée à une mort certaine ».


« Une peine juste qui doit l'aider à prendre conscience de son geste »

Condamnée à 20 ans de réclusion criminelle lors du procès en première instance, en 2016, Fabienne Kabou avait écopé d’une peine allégée en raison d’une « altération de son discernement », selon l’ensemble des expertises psychologiques et psychiatriques. Rappelant que l’accusée encourt une peine de réclusion à perpétuité, Pascale Girardon a demandé, elle aussi, de tenir compte de cette altération en réclamant donc 18 ans de réclusion et un suivi socio-judiciaire avec obligation de soins. Soit la même peine qui avait été requise par, Luc Frémiot, l’avocat général en première instance.


Cette peine, c'est une « peine juste », « celle qui doit l’aider à prendre conscience de son geste », a estimé l’avocate générale. Les avocats de la défense vont désormais avoir l’opportunité de plaider. Le verdict pourrait être rendu ce jeudi soir ou, au plus tard, vendredi matin.

Suivez en direct la suite de ce procès sur le compte Twitter de notre journaliste : @vvantighem