Péages: L’Etat a-t-il passé un accord secret avec les sociétés d’autoroutes?

AUTOROUTES Le « deal » conclu en 2015 prévoirait des hausses de prix aux péages jusqu’en 2023…

H. B.

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L'État aurait donné son accord pour une hausse des prix des péages jusqu'en 2023.
L'État aurait donné son accord pour une hausse des prix des péages jusqu'en 2023. — Jean-Pierre Clatot AFP

L’addition risque d’être salée pour les automobilistes. Un accord secret conclu entre l’État et les sociétés d’autoroutes prévoirait des hausses de prix aux péages jusqu’en 2023, a révélé ce lundi soir  L’Œil du 20 Heures de France 2.

L’affaire remonte à 2014. Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et Ségolène Royal ministre de l’Ecologie, décident de s’attaquer aux tarifs des péages. « Il faut rendre aux automobilistes un peu de justice et d’équité tarifaire », assurait Ségolène Royal sur BFMTV en décembre 2014.

Un surcoût de 500 millions d’euros pour les automobilistes

Les deux ministres annoncent alors un gel des tarifs pour 2015. Mais les sociétés d’autoroutes, jugeant ce gel « illégal », attaquent en justice l’Etat. En avril 2015, le gouvernement décide de signer un accord avec ces dernières, après des négociations menées avec leurs représentants.

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Le deal ? Il prévoit que les sociétés d’autoroutes s’engagent à financer 3,2 milliards de travaux sur dix ans. En retour, elles obtiennent une stabilité fiscale et une clause pour allonger la durée des concessions, indique France 2 qui a réussi à obtenir une copie de cet accord. Selon la chaîne, cette conséquence du gel des tarifs de 2015 pourrait coûter plus cher aux automobilistes que ce qui était prévu à l’origine. Selon un rapport de l’Arafer, le surcoût pourrait atteindre 500 millions d’euros, entièrement à la charge des automobilistes.

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Contactée par France 2, Ségolène Royal, qui était alors ministre de l’Ecologie, a déclaré qu’elle était contre cet accord et réfute l’avoir signé.