Loi Travail: Emmanuel Macron face au premier gros test de l'opposition mardi

SOCIAL Des syndicats appellent à des grèves et manifestations mardi contre la réforme du code du travail...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — Vadim Ghirda/AP/SIPA

Le bras de fer commence. Des syndicats appellent à des grèves et manifestations mardi contre la réforme du code du travail, une mobilisation qui a valeur de test pour la CGT, mais aussi pour Emmanuel Macron, qui affiche sa détermination à réformer, en ce début de quinquennat.

Un an quasi jour pour jour après la toute dernière mobilisation contre la loi travail, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unef appellent le 12 septembre à protester contre le nouveau texte, qu’ils qualifient de « loi travail XXL ».

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Plus de 180 lieux de manifestations recensés

Des grèves sont attendues à la SNCF, RATP, Air France, France Télévisions… Fonctionnaires, étudiants, lycéens sont aussi appelés à participer. « Plus de 180 lieux de manifestations ont été recensés » et « on va dépasser les 4.000 appels à la grève sur tout le territoire », a indiqué le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dimanche dans Le Parisien. Il y voit le signe d'« une effervescence et d’un très fort mécontentement ».

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a accusé dimanche la CGT d’être dans « la posture » et dit « craindre des débordements » mardi. D’ores et déjà, la CGT prévoit une autre journée de mobilisation, le 21 septembre. « Le 12, c’est un point de départ d’une mobilisation qui va se poursuivre jusqu’au retrait des ordonnances », espère Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.

Mais le pari est grand : les précédentes grandes mobilisations sociales, contre la loi travail en 2016, ou la réforme des retraites, en 2010, n’ont pas fait reculer les gouvernements de l’époque.

Emmanuel Macron ne veut « rien céder »

Emmanuel Macron n’a pas l’intention de céder sur cette réforme qui réalise quelques-unes de ses promesses phares de campagne : plafonnement des indemnités prud’homales, fusions des instances représentatives, réforme du compte pénibilité.

Vendredi, il a prévenu qu’il « serait d’une détermination absolue et ne céderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes », quelques semaines après avoir regretté que les « Français détestent les réformes ». En outre, les syndicats, tout en se montrant très critiques face au contenu des ordonnances, sont divisés sur la riposte.

FO s’est désolidarisée de la CGT, alors que les deux organisations avaient présenté un front uni contre la loi El Khomri. Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, estime qu’il ne faut pas « user » les forces maintenant, car « on en aura peut-être besoin demain ». En ligne de mire, les discussions imminentes sur la réforme de l’assurance chômage.

Des soutiens politiques

La CFDT ne défile pas non plus, malgré la « profonde déception » et même la « colère » face aux ordonnances, de même que la CFE-CGC, qui voit pourtant des « zones de risques vers le dumping social ».

De nombreuses sections FO seront tout de même aux côtés de la CGT, ne comprenant pas la position de Jean-Claude Mailly. Elles rappellent que les ordonnances vont « plus loin » que la réforme de 2016. Idem pour des militants de la CFE-CGC et de l’Unsa.

Mais la mobilisation pourra compter sur le soutien de politiques, dont l’ex-candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, et des députés de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon, qui appelle à manifester le 23 septembre, doit aussi battre le pavé mardi.