Voyance: «Des certitudes inexplicables viennent à moi»

INTERVIEW Colette Ollivier-Chantrel, «professionnelle de la divination» et auteure du livre «La voyance, ça s'attrape comment», explique comment fonctionne l'art de la voyance...

Propos recueillis par Anissa Boumediene

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Dans son livre, la voyante Colette Ollivier-Chantrel raconte son parcours et entend
Dans son livre, la voyante Colette Ollivier-Chantrel raconte son parcours et entend — KROD/WPA/SIPA

La vie, la mort : et s’il y avait quelque chose de plus ? Un entre-deux que seuls quelques-uns d’entre nous pourraient percevoir. La voyance, Colette Ollivier-Chantrel ne pensait pas en faire son métier. Jusqu’à ce qu’elle réalise que ce n’était pas une vocation à laquelle elle pouvait échapper. Dans La voyance, ça s’attrape comment ?*, Colette Ollivier-Chantrel, qui se définit comme une « professionnelle de la divination », entend « démystifier et démythifier » sa fonction et raconte son parcours de vie, comment elle et son alter ego, une partie de sa personnalité qu’elle a surnommé Coco, se sont découvert un talent pour l’art de la divination.

La voyance est pour beaucoup un concept nébuleux. Etre voyante ou médium, c’est quoi pour vous ?

Un médium, c’est un intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts. Je pense que tous les êtres animés sont potentiellement médiums, mais seuls quelques-uns ont cette capacité de capter les ondes qui gravitent autour de nous.

Par ailleurs, la voyance est aussi un travail de décryptage instantané : on perçoit des choses que l’on n’est pourtant pas censé connaître. Chaque individu véhicule un système vibratoire, une « aura », dont l’ampleur varie en fonction de chacun. Pour ma part, je peux percevoir si un être cher disparu est encore en errance, s’il est présent lors de la séance. Mais je n’invoque jamais les esprits, il faut les laisser en paix.

Comment se passe une consultation avec vous ? Que vous demande-t-on et comment se manifeste ce que vous « voyez » ?

Toujours de la même manière ! Je reçois mon consultant dans mon « atelier », lui offre quelque chose à boire et commence par un petit « test ». Les gens peuvent s’ils le souhaitent apporter des photos ou des manuscrits, puis je leur fais tirer quelques cartes. Dans un premier temps, c’est moi qui parle. Je dis ce que je perçois de la personne qui me consulte. A l’issue de cette phase, je lui demande si elle se reconnaît dans ce que je viens de dire. Si ce n’est pas le cas, je la laisse terminer son café et la séance est finie, sans qu’elle ne paie.

Si ce que j’ai dit est juste, ce n’est qu’à ce moment-là que je demande au consultant s’il veut poursuivre la séance. Si oui, je le laisse me poser ses questions. J’entre en contact avec sa mémoire enfouie, son inconscient, mon esprit se vide et des certitudes inexplicables viennent à moi, comme si je connaissais la personne depuis toujours. Je deviens l’autre, je lui sers de miroir, dans une forme d’empathie extrême.

Quel est le profil de ceux qui viennent vous voir ?

Il y a ceux qui viennent me voir pour savoir s’ils trouveront l’amour, s’ils auront des enfants ou, comme c’est de plus en plus le cas depuis la crise, s’ils trouveront un emploi. Je vois clairement les événements qui les concernent, mais je ne suis pas là pour leur dire à quelle date ils deviendront parents ni quel sera le sexe du bébé. La voyance est un art, pas une science.

Par ailleurs, certaines personnes me consultent à des périodes très difficiles de leur vie, alors j’essaie toujours de dire les choses avec humour, sans verser dans le pathos, même si je suis très rustique et « méremptoire » (car je suis une femme !) dans ma manière de parler. Mon travail est de réconcilier les gens qui me consultent avec leur présent et leur passé. A la fin d’une séance, mes consultants repartent plus pétillants. Quant à moi, je suis vidée, et je ne garde aucun souvenir de ce que j’ai pu percevoir en quelqu’un.

La voyance, ça s’attrape comment ? A grands coups de pieds occultes, Editions Marabout, en librairie depuis le 1er septembre.