Budget de la défense: Le nouveau chef d’état-major met en garde contre les décisions budgétaires «sauvages»

BUDGET Le général François Lecointre a mis en garde ce mardi contre les « réflexes de régulation budgétaire sauvages »…

20 Minutes avec AFP

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le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre, le  2 août 2017 à l'Elysée.
le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre, le 2 août 2017 à l'Elysée. — VILLARD/SIPA

Quelques mois après la bataille budgétaire (et la démission) du chef d’état-major Pierre de Villiers, son successeur le général François Lecontre ne baisse par les armes.

« Une armée est un gros paquebot, on ne construit pas et on ne reconstruit pas un appareil militaire en deux coups de cuillère à pot », a-t-il déclaré ce mardi à l’université d’été de la Défense, qui réunissait la ministre des Armées Florence Parly, militaires et parlementaires à Toulon (Var).

« Les réflexes de régulation budgétaire sauvages viennent trop souvent, malheureusement, détruire le travail de cohérence qui est effectué dans le cadre de l’élaboration de la loi de programmation militaire et des lois de finances initiales », a-t-il ajouté.

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Surcoût des opérations extérieures

Le général Lecointre a notamment insisté sur la nécessité de maintenir un financement interministériel des opérations extérieures (environ 1,2 milliard d’euros par an) plutôt que de faire porter l’effort sur le seul ministère des Armées.

« Qu’on ne prétende pas atteindre l’inatteignable qui sera extrêmement dangereux, c’est-à-dire "le ministère des Armées, quoiqu’il arrive, prendra sous enveloppe la totalité des dépenses des opérations extérieures" », a-t-il souligné.

Les armées vont devoir assumer en 2017 le surcoût des opérations extérieures (environ 850 millions d’euros), jusqu’ici réparti entre les autres ministères au nom de l’effort collectif de défense.

Concrètement, leur budget restera en apparence inchangé par rapport à celui voté par le Parlement en 2016. Mais cela fait 850 millions de crédits en moins pour leurs programmes d’équipements.

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Appel à un « complément de solidarité interministériel »

« Un complément de solidarité interministériel (…) est extrêmement important pour montrer que ce ne sont pas les armées qui décident de leurs engagements mais que c’est bien un engagement des armées de la France qui est voulu par le gouvernement, le président et qui est validé par le parlement », a relevé le général Lecointre.

Les coupes imposées aux armées en 2017, sur fond d’effort budgétaire global, ont provoqué une crise entre le président Emmanuel Macron etl’ex-chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui a démissionné en juillet.

Le chef de l’Etat a déclaré jeudi dans une interview au Point ne « pas avoir de regret » et « assumer totalement » cette crise, « tempête dans un verre d’eau ».

Il s’est engagé à porter l’effort de défense à 2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, soit un budget de 50 milliards d’euros, avec une première hausse conséquente de 1,8 milliard d’euros des crédits en 2018.

« Le rythme de cette hausse se poursuivra avec une augmentation de 1,6 milliard d’euros par an pendant toute la durée du quinquennat », a assuré Florence Parly à Toulon.

Abondant dans le sens du général Lecointre, elle a évoqué la « possibilité d’ajuster le niveau d’engagement [des armées sur les théâtres extérieurs] en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain ».

Une « refonte » de l’opération Sentinelle - qui mobilise en permanence 7.000 hommes en France depuis les attentats jihadistes de 2015- sera prochainement présentée, afin de rendre son « mode opératoire » plus « efficace et réactif », a-t-elle ajouté, sans autre précision.