Agression d’un cadre PS par un député LREM : Ouverture d’une information judiciaire pour «violences volontaires avec arme»

JUSTICE Le député LREM M’Jid El Guerrab avait été placé en garde à vue vendredi…

Claire Planchard

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Le député LREM M'jid El Guerrab à l'Assemblée nationale.
Le député LREM M'jid El Guerrab à l'Assemblée nationale. — MARTIN BUREAU / AFP

Le député REM M’jid El Guerrab va être présenté ce samedi à un magistrat dans le cadre de l’ouverture par le parquet de Paris d’une information judiciaire pour « violences volontaires avec arme » aprèssa violente altercation mercredi avec un cadre du PS, Boris Faure, a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

Entendu depuis vendredi après-midi, M’jid El Guerrab s’est vu notifier la levée de sa garde à vue pour être déféré au parquet « en vue de l’ouverture d’une information judiciaire du chef de violences volontaires avec arme ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours », selon cette source. Il doit être présenté dans la journée à un magistrat en vue d’une éventuelle mise en examen.

« Coups de casque violent » selon un témoin

Le député qui s’était mis en congé du parti La République en marche et de son groupe parlementaire,avait été placé en garde à vue vendredi après-midi.

Le député de 34 ans, visé par une enquête pour « violences aggravées » ouverte mercredi par le parquet de Paris, est accusé d’avoir commis le même jour des actes de violences contre Boris Faure, premier secrétaire de la fédération PS des Français de l’étranger.

Boris Faure, dont la famille a indiqué qu’il avait dû être « opéré en urgence », était « toujours hospitalisé » vendredi, mais « a pu être entendu dans la matinée et a donné sa version des faits », selon une source proche du dossier.

L’altercation, révélée par l’hebdomadaire Marianne, s’est produite mercredi dans le 5ème arrondissement de Paris. Selon un témoin interrogé par le journal, le député de la 9e circonscription des Français de l’étranger (Maghreb, Afrique de l’Ouest) a « assen (é) un coup de casque très violent, puis un deuxième » à Boris Faure, qui est tombé « par terre, en sang ».

Une version contestée par M’jid El Guerrab

Contacté par l’AFP, M’jid El Guerrab avait reconnu jeudi un geste violent tout en disant regretter « d’avoir cédé à la provocation ». « Je m’excuse pour la violence du geste. Et d’ailleurs, je condamne toute forme de violence car en dépit des paroles et insultes proférées, la violence n’est jamais la réaction appropriée », avait-il dit.

Devant les enquêteurs, le député avait commencé vendredi à donner sa version. « Il conteste être à l’origine de l’altercation », affirmait à l’AFP une source proche de l’enquête. Selon ce récit, « c’est M. Faure qui est venu à son contact, en bas de chez lui, et qui a commencé à remettre sur la table leurs différends électoraux ».

Le ton serait alors monté et selon cette source, « M. Faure lui aurait saisi le bras et le lui aurait tordu ». M’jid El Guerrab « reconnaît qu’à la suite de cette agression, il lui a porté deux coups de casque », a ajouté cette source. Selon elle, un témoin a affirmé avoir entendu Boris Faure dire « sale Arabe de merde » au député.Ce dernier a informé s’être vu prescrire 6 jours d’ITT (Incapacité totale de travail).

Vers une exclusion de LREM ?

Avant son audition, M’jid El Guerrab a annoncé sur Facebook qu’il se mettait « en congé du parti et du groupe parlementaire LREM afin de permettre à l’enquête de se dérouler de la manière la plus sereine possible ».

« Je souhaite naturellement le rétablissement le plus rapide à Boris Faure », a également écrit M’jid El Guerrab sur le réseau social.

Au PS, le président du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale a appelé le parti présidentiel à se montrer très ferme.

« Personne n’imagine aujourd’hui que M’jid El Guerrab puisse encore incarner la République dans sa circonscription », a déclaré Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale.

De son côté, la République en marche, par la voix d’Arnaud Leroy, membre de la direction collégiale, a indiqué que M’jid El Guerrab était convoqué « en début de semaine », « pour un entretien au siège du parti pour entendre sa version ».

M’jid El Guerrab pourrait se voir signifier son exclusion par le Conseil d’administration de la LREM, qu’il avait rejointe à fin 2016.

Le président du groupe LREM à l’Assemblée Richard Ferrand a déclaré pour sa part à l’AFP que M’jid El Guerrab lui avait « indiqué qu’il ne voulait pas que son appartenance au groupe ne rejaillisse défavorablement sur notre travail ».

De sources concordantes, un contentieux avec Boris Faure est né du départ du PS de M’jid El Guerrab, ancien conseiller du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis.

Boris Faure a accusé M’jid El Guerrab d’avoir rejoint En Marche par « opportunisme », après avoir vu qu’il ne pourrait remporter la primaire locale pour l’investiture PS. Pour M. El Guerrab, cette primaire était une « mascarade ».