Levothyrox: Une femme dépose plainte pour «mise en danger de la vie d'autrui»

JUSTICE La plaignante, qui a subi une ablation totale de la thyroïde en 2006, assure souffrir depuis mai de «vertiges, crampes, fatigue»...

20 Minutes avec AFP

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Illustration du médicament LEVOTHYROX, prescrit à plus de 3 millions de patients ayant des problèmes de thyroïde.
Illustration du médicament LEVOTHYROX, prescrit à plus de 3 millions de patients ayant des problèmes de thyroïde. — SIPA

Une quinquagénaire a déclaré vendredi à l'AFP avoir déposé plainte à Mougins (Alpes-Maritimes) contre le laboratoire Merck pour «mise en danger de la vie d'autrui» après avoir subi des problèmes de santé liés, selon elle, à la nouvelle formule du Levothyrox.

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Une pétition signée par plus de 170.000 mécontents, patients ou proches, circule en ce moment en France contre la nouvelle version disponible depuis mars du Levothyrox, médicament indispensable pour traiter des pathologies thyroïdiennes. Ils accusent ce nouveau produit d'engendrer divers effets secondaires (crampes, maux de tête, vertiges...).

«Il y a bien une négligence fautive du laboratoire»

«J'ai déposé plainte car nous n'avons pas été informés d'un changement de formule, rien dans la notice ne l'indique», a expliqué à l'AFP Anne-Catherine Colin-Chauley, 58 ans, confirmant une information de Nice-Matin. «Il y a bien une négligence fautive du laboratoire Merck et une faute de celui qui a ordonné le changement de la molécule sans indiquer les conséquences possibles de ce changement», dénonce-t-elle dans sa plainte déposée mardi et consultée par l'AFP.

La plaignante, qui a subi une ablation totale de la thyroïde en 2006, assure souffrir depuis mai de «vertiges, crampes, fatigue». Elle en a fait part à son mari, médecin, qui lui prescrit des examens sanguins venant confirmer ses craintes : «ma TSH (ndlr: dosage sanguin de la thyréostimuline, une hormone stimulant la glande thyroïde) s'est effondrée, et même après avoir essayé de modifier le traitement ça ne change rien».

«Je me bourre de cachets pour être en forme»

Anne-Catherine Colin-Chauley, qui est avocate, déplore : «Je me bourre de cachets pour être en forme, je ne suis vraiment pas bien». Elle envisage d'aller «en Italie ou en Espagne» pour se procurer l'ancienne formule du médicament.

Merck assure que le changement de formule ne concerne pas le principe actif (la lévothyroxine, une hormone de substitution) mais porte sur des substances, appelées «excipients», qui lui sont associées, comme par exemple le lactose qui a été remplacé par le mannitol, très courant dans l'alimentation et d'autres médicaments.

Trois millions de patients prennent ce traitement en France pour hypothyroïdie ou après une opération pour cancer de la thyroïde. Face à la polémique, l'Agence du médicament ANSM a mis en place un numéro vert pour «répondre eux inquiétudes» des patients. Au total, 154.000 appels avaient été dénombrés mercredi depuis sa mise en place, avec un rythme d'appels quotidien tombé à 2.500, indique l'agence sanitaire.