Pickpockets de Disneyland: Huit ans requis contre un couple rom qui «dressait» ses enfants à voler

JUSTICE Le verdict dans le procès des pickpockets de Disneyland sera rendu vendredi...

20 Minutes avec AFP

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Des policiers contrôlent un groupe de pickpockets présumés (illustration).
Des policiers contrôlent un groupe de pickpockets présumés (illustration). — M. MEDINA / AFP

« Ils n’engendrent pas des enfants, ils engendrent des machines à sous. » Le procureur de la République de Meaux a tapé du poing sur la table et a requis huit ans de prison ferme, mercredi, contre un couple de Tziganes roumains qui « dressait » ses enfants à détrousser les touristes aux abords de Disneyland Paris et n’hésitait pas à les corriger quand ils ne rapportaient pas assez d’argent.

Un butin de plus d’un million d’euros

Marian Tinca, 57 ans, et Maria Iamandita, 51 ans sont jugés depuis mardi aux côtés de douze autres personnes pour leur participation présumée à un vaste réseau de pickpockets opérant en France, mais aussi dans d’autres pays d’Europe. Huit ans de prison contre l’un des fils majeurs du couple, Vasile-Robert Lamandita, 30 ans, identifié comme le chef de « la brigade des mineurs », constitués d’une trentaine d’enfants qui dépouillaient les touristes étrangers aux abords de Disneyland Paris, dans le RER desservant le parc d’attraction et dans le métro parisien. De 4 à 6 ans de prison ont été requis contre les autres membres de la famille et pièces rapportées qui profitaient tous des délits commis par les mineurs.

Devises, bijoux, téléphones, tablettes, maroquinerie de luxe : le préjudice est estimé à au moins un million d’euros sur la période allant de janvier 2014 à février 2016.

« Dressés pour voler »

« Les enfants sont éduqués, dressés pour voler et quand le produit de leur vol n’est pas suffisant, alors ils sont réprimandés, battus, insultés », a poursuivi le procureur, citant à l’appui des extraits de conversations téléphoniques captées par les enquêteurs.

Dans le box où se serrent les neuf membres de la famille, le « patriarche » Marian Tinca a animé de sa présence corpulente et de ses coups de gueule les trois jours d’audience, prenant Dieu à témoin, criant sur sa fille quand elle le mettait en cause, récusant son avocat et menaçant théâtralement de se suicider.

Dix mille euros d’amende et un an avec sursis ont été requis contre la gérante d’un restaurant chinois à Pigalle chez qui les enfants cachaient les espèces volées. Du sursis a également été réclamé contre le propriétaire et le gérant d’un hôtel de Pantin où était hébergé une partie du clan, ainsi que la confiscation de cet « instrument de blanchiment ». Le jugement sera rendu vendredi.