Garance Doré dénonce la pression faite aux femmes pour devenir mère

TRIBUNE L’influenceuse signe une tribune dans laquelle elle dénonce la pression que fait peser la société sur les femmes pour qu’elles deviennent mère…

A.B.

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La blogueuse Garance Doré signe une tribune dans laquelle elle dénonce la pression faite aux femmes pour qu'elles deviennent mères.
La blogueuse Garance Doré signe une tribune dans laquelle elle dénonce la pression faite aux femmes pour qu'elles deviennent mères. — Sam Deitch/BFA/Shutters/SIPA

Faire un bébé, Garance Doré n’y a longtemps pas pensé. Jusqu’à ce que son désir de maternité ne vire à l’obsession. Dans une tribune qu’elle signe sur Lenny, le site féministe fondé par Lena Dunham, l’influenceuse raconte son parcours du combattant pour devenir mère et la pression continuelle que les médecins, son entourage, bref, la société, fait peser sur les femmes pour qu’elles accomplissent leur devoir de femmes : faire des enfants.

« PAS UNE MINUTE à perdre »

Devenir maman, Garance Doré y songe pour la première fois alors qu’elle a 37 ans. Un désir qui n’est pas compatible avec le couple qu’elle forme alors avec son futur ex-compagnon. La jeune femme envisage alors de faire un bébé toute seule, comme on dit. C’est alors qu’elle rencontre Chris, qui a 39 ans comme elle, et qui deviendra son futur mari. Après avoir profité de sa vie de jeune mariée quelques mois, Garance Doré et son époux décident d’avoir un enfant.

Pression de l’horloge biologique oblige, la presque quadragénaire consulte aussitôt un gynécologue obstétricien pour faire le point sur ses chances de concevoir un bébé. Pour mieux tomber de haut. « Elle m’a effrayée », écrit la blogueuse dans son billet. « Votre taux de ceci est trop haut, votre taux de cela est beaucoup trop bas (…). A votre âge, je recommande une insémination le mois prochain, parce que nous n’avons PAS UNE MINUTE à perdre. PAS UNE MINUTE », raconte Garance Doré. Mais pas de bébé en vue pour la jeune femme, qui maudit ce moment où, chaque mois, ses règles arrivent, signes de « l’échec » de son corps à lui donner ce qu’elle veut tant.

« J’ai arrêté de vivre »

Quelques injections d’hormones et infusions d’herbes plus tard, la fête est finie. Oubliée l’insouciance de la lune de miel, le sexe est devenu un outil, un passage obligé, balisé, qu’il faut emprunter au moment de l’ovulation pour optimiser les chances de tomber enceinte. Auparavant heureuse et épanouie, Garance Doré perd pied. « Durant ces longs mois, j’ai arrêté de vivre. (…) J’ai arrêté le café, l’alcool, j’ai arrêté de manger, de sortir, de voyager, de m’amuser », témoigne la quadra. Ce sont les mots d’une psy qui la libéreront de cette spirale : « Physiquement, rien ne vous empêche d’avoir un bébé ».

Dès lors, la fondatrice de atelierdore.com décide de mettre le holà, d’arrêter tous les traitements et de laisser aire la nature. « Cette histoire m’a aidée à prendre conscience de l’énorme pression qui pèse sur les femmes pour qu’elles deviennent mère, pression que j’avais complètement intériorisée », écrit-elle. « Il faut que ça s’arrête », poursuit-elle dans sa tribune. On peut être accomplie sans « super boulot ». On peut être accomplie sans « super mariage ». On peut être accomplie sans « super bébé », scande la blogueuse dans son billet partagé plus de 3.000 fois sur les réseaux sociaux.