Il y a deux ans, Ayoub El-Khazzani tirait sur les passagers du Thalys

TERRORISME L’attaque terroriste, pilotée par le cerveau des attentats de Paris, aurait pu virer à la tuerie de masse sans l’intervention de militaires américains présents à bord du train…

A.B.

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Un train Thalys en provenance d'Amsterdam a été le lieu d'une fusillade le 21 août 2015.
Un train Thalys en provenance d'Amsterdam a été le lieu d'une fusillade le 21 août 2015. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

C’était il y a deux ans jour pour jour. Le 21 août 2015 à Bruxelles, Ayoub El-Khazzani monte à bord du Thalys n°9364 Amsterdam-Paris. Il est accusé d'avoir ouvert le feu sur les passagers de la voiture 12. Ce qui promettait d’être un carnage sera évité par l’intervention de trois militaires américains présents à bord, qui maîtrisent le forcené. Le pire est évité mais le terroriste présumé a tout de même eu le temps de blesser plusieurs personnes par balle.

Lié aux attentats du 13 novembre

L’auteur présumé des faits est rapidement arrêté. Il s’agit d’un Marocain de 25 ans. Le jeune homme, qui a séjourné plusieurs années en Espagne, est connu là-bas pour trafic de drogue. S’il nie toute visée terroriste dans l’attaque du Thalys, le suspect a pourtant été signalé en février 2014 par les services espagnols à leurs confrères français comme appartenant à la mouvance islamiste radicale et fiché S par les services du renseignement français.

Si au début de l’enquête, la piste du loup solitaire est envisagée, les enquêteurs découvrent finalement qu’Ayoub El-Khazzani aurait en réalité été téléguidé par le groupe Etat islamique (EI) et serait lié aux auteurs des attentats du 13 novembre. El-Khazzani raconte alors comment il s’est rendu en Syrie. Il n’y passera que six jours, le temps d’une formation éclair au maniement de la kalachnikov, mais réussira à convaincre l’EI qu’il est fin prêt et déterminé à commettre un attentat sur le sol européen. C’est ainsi qu’il retourne en Belgique, accompagné d’Abdelhamid Abaaoud, le cerveau des futurs attentats de Paris. Les deux hommes parviennent à traverser l’Europe, aidés d’un éclaireur qui les informe en temps réel de l’itinéraire à suivre sur la route des migrants.

Une tuerie de masse évitée

Les trois hommes se retrouvent à Bruxelles où ils se terrent dans un petit appartement. L’éclaireur finira par prendre la fuite. El-Khazzani, lui, reste et attend qu’on lui donne l’ordre de passer à l’acte. Abdelhamid Abaaoud « m’a dit que la cible était dans le Thalys, où je devais attaquer des Américains, racontera El Khazzani au juge. Abou Omar [Abdelhamid Abaaoud] m’a expliqué qu’il fallait que je prenne un billet pour la première classe dans le wagon 11 ou 12, je ne me souviens plus, dans le Thalys de 17 heures (…) Abou Omar m'a dit qu’il y aurait entre trois et cinq militaires ». Il explique donc avoir eu pour mission de s’en prendre spécifiquement aux militaires américains à bord du train. Une version des faits qui ne colle pas à ses premières déclarations.

Si l’EI avait d’abord misé sur une attaque à la ceinture explosive, El-Khazzani monte finalement à bord du Thalys armé d’une kalachnikov, d’un pistolet et d’un cutter. Mais ce qui aurait pu virer à la tuerie de masse a été évité par l’intervention des militaires en vacances qui se trouvaient dans cette fameuse voiture 12 du Thalys. Pour leur acte, les Américains ont reçu la Légion d’Honneur, qui leur a été remise par le président François Hollande.

Le cinéaste américain Clint Eastwood, qui annonçait au printemps vouloir réaliser un long-métrage retraçant les événements, a indiqué que les trois héros américains devraient incarner leur propre rôle dans le film.