VIDEO. Affaire Grégory: Murielle Bolle remise en liberté sous contrôle judiciaire

JUSTICE Les avocats de la famille Villemin ont annoncé la nouvelle...

20 Minutes avec AFP

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Granges-sur-Vologne (Vosges), le 21 juin 2017. Murielle Bolle chez elle avant son interpellation.
Granges-sur-Vologne (Vosges), le 21 juin 2017. Murielle Bolle chez elle avant son interpellation. — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Remise en liberté sous contrôle judiciare, Murielle Bolle devra « résider dans la Nièvre et pointer deux fois par semaine ».
  • Elle est un témoin clef de l'affaire Grégory.
  • «C'est pour nous un soulagement», s'est félicité son avocat.

C’est une victoire pour l’intéressée. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon a accepté vendredi la demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire présentée par Murielle Bolle, témoin clé de l'affaire Grégory  en 1984, a annoncé l’avocate des époux Villemin, Me Marie-Christine Chastant-Morand.

Résidence dans la Nièvre

Murielle Bolle devra « résider dans la Nièvre et pointer deux fois par semaine », a ajouté l’avocate. Elle a également interdiction de tout contact avec la presse. «Si on voit son visage à la télévision, elle retourne en prison», a résumé l'un de ses avocats, Me Jean-Paul Teissonnière, qui s'est déclaré «satisfait» de la décision de la cour.  Selon lui, «c'est la raison juridique qui l'emporte». «C'est pour nous un soulagement», s'est félicité Me Teissonnière. «La détention de Murielle Bolle était un scandale, sa remise en liberté est normale», a-t-il encore estimé, ajoutant que sa cliente «maintient ses déclarations».

Âgée de 48 ans, elle avait été mise en examen le 29 juin pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire. Adolescente à l’époque des faits, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche du rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la rivière Vologne, avant de se rétracter. Pour l’accusation, le revirement de la jeune fille de 15 ans s’explique par des violences familiales subies à l’époque. Le 4 juillet, la chambre de l’instruction avait ainsi décidé de la maintenir en prison en attendant notamment qu’une solution d’hébergement sans contact avec sa famille puisse être trouvée.

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Le parquet général s’était ainsi opposé plus tôt cette semaine à cette demande de remise en liberté. « J’ai pris des réquisitions écrites pour m’opposer à la demande de remise en liberté, essentiellement pour les nécessités del’enquête et l’efficacité des actes à venir », avait déclaré mardi le procureur général, Jean-Jacques Bosc. Selon le ministère public, si elle devait être remise en liberté, Murielle Bolle ne serait pas à l’abri de pressions, « compte tenu de ce qui s’est passé en 1984 ».

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L'affaire Grégory avait été relancée de manière spectaculaire à la mi-juin avec l'arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, soupçonnés d'avoir joués les «corbeaux» de l'affaire, en envoyant une série de lettres anonymes très bien renseignées.

Mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort, les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, avaient été remis en liberté quelques jours plus tard, eux aussi sous contrôle judiciaire strict. Puis les enquêteurs s'étaient intéressés aux déclarations contradictoires de Murielle Bolle peu après les faits.

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L'accusation est convaincue que Murielle Bolle disait vrai en racontant qu'elle se trouvait dans la voiture de son beau-frère Bernard Laroche, passé prendre le petit Grégory Villemin le 16 octobre 1984, jour de sa mort, avant de le déposer, pensait-elle, chez des amis des parents de l'enfant.

Le 5 novembre 1984, Murielle Bolle avait répété ces déclarations devant le juge d'instruction, qui avait décidé en conséquence d'inculper et d'écrouer Laroche. Mais le lendemain, après une nuit en famille, elle était revenue avec sa mère pour se rétracter. Un cousin de 54 ans a récemment affirmé avoir assisté ce soir-là à un «lynchage» familial de sa cousine, confortant la thèse d'un revirement forcé.

Mais lors d'une confrontation organisée face à ce cousin il y a une semaine, Murielle Bolle a répété ce qu'elle affirme depuis 32 ans: la version qui incrimine son beau-frère avait été obtenue sous la contrainte des gendarmes et elle n'a jamais été violentée par sa famille.