Noyade: Trois conseils pour sauver la vie d'une personne en mer

PREVENTION Quelle réaction doit-on avoir quand une personne se noie sous nos yeux ? Des spécialistes dispensent leurs conseils à « 20 Minutes »… 

Arian Karimi

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Un Sauveteur sur la plage de Saint Malo
Un Sauveteur sur la plage de Saint Malo — JEAN MARC DAVID/SIPA

La mort tragique de la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle  nous rappelle l’importance de la prévention contre les noyades en mer. L’auteure est décédée à 53 ans, sur une plage près de Ramatuelle en portant secours au fils d’une de ses amies, qui se noyait ce vendredi 21 juillet. Chaque été, ils sont 500 Français comme elle à succomber à une noyade… Mais quelle réaction avoir quand une personne se noie sous nos yeux ? 20 Minutes a demandé leur avis à des spécialistes.

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1. Appeler les secours 

Les conseils les plus importants sont souvent les plus évidents. Pourtant, dans toutes les situations de danger, alerter les secours doit être le premier réflexe. « Si on peut se baigner dans une zone surveillée, c’est toujours mieux », précise aussi Laurent Sagnimorte, responsable des formations de l’association des sauveteurs en mer. « Faites de grands signes et vous pouvez être certain que les secours seront présents dans la minute » affirme le maître nageur.
Malheureusement, ces zones restent assez rares. Hormis l’été, les baignades en milieu naturel ne sont pas surveillées. Dans ce cas, le premier réflexe doit donc être d’appeler les secours: les pompiers (18) et le SAMU (15). Autre réflexe important : « Ne pas perdre de vue la victime pour avoir sa localisation précise » ajoute Laurent Sagnimorte.

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2. Ne pas jouer les héros

On a tendance à sous-estimer la difficulté d’un sauvetage en mer. David Nolot, directeur technique adjoint à la Fédération française de natation (FFN) résume : « Les risques sont décuplés en mer. On n’imagine pas forcément que c’est plus dur de faire 100 mètres en mer que dans un bassin. » Les chiffres le montrent : sur 199 décès par noyade en 2015, 57 % avaient lieu en mer et rivière, seulement 21 % en piscine. « La force des vagues, le manque d’équipement, la détresse de la personne qui s’accroche à vous, tout cela peut rendre la mission impossible. » Les deux spécialistes s’accordent sur un point : « il ne faut pas aller dans l’eau de manière inconsciente au risque de mettre les secours encore plus en difficulté ».

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3. Secourir la victime (à vos risques et périls)

Après avoir alerté les secours, vous devez juger de vos capacités à sauver la personne. « Si vous êtes bon nageur, que vous connaissez les techniques de sauvetage et que vous le sentez, ok. Mais encore une fois, il faut être prudent. » explique Laurent Sagnimorte, le maître nageur. La distance à parcourir est aussi un critère important pour, David Nolot de la FFN, « si on voit une personne à dix mètres et qu’on le sent, on y va évidemment. Si elle est un peu plus au large dans la zone des 300 mètres, la question se pose davantage… Aider l’autre en se mettant en danger n’a pas grand intérêt ». Se former peut donc avoir du sens. Ainsi le « plan citoyen du sport » de la Fédération française de natation apprend aux pratiquants à aider les personnes en difficulté dans l’eau. Les formations de secours « Prévention et secours civique de niveau 1 » permettent quant à elles d’apprendre les premiers gestes de secourisme.