Affaire Grégory: «Je n'ai plus la force de me battre», a écrit le juge Lambert dans une lettre avant son suicide

JUSTICE « Si j’ai parfois failli, j’ai cependant la conscience parfaitement tranquille », explique notamment le juge…

H. B.

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L'ancien juge d'instruction Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort à son domicile le 11 juillet 2017.
L'ancien juge d'instruction Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort à son domicile le 11 juillet 2017. — AFP

« J’ai décidé de me donner la mort car je sais que je n’aurai plus la force désormais de me battre dans la dernière épreuve qui m’attendrait ». L’ancien juge Jean-Michel Lambert, premier magistrat chargé en 1984 d’instruire l’affaire Grégory, retrouvé mort le 11 juillet, a adressé une lettre au journal L’Est républicain, dans laquelle il explique sa volonté de se donner la mort.

« Si j’ai parfois failli, j’ai cependant la conscience parfaitement tranquille quant aux décisions que j’ai été amené à prendre », assure-t-il. Il conclut sa lettre par ces mots : « Je préfère sonner la fin de la partie pour moi. L’âge étant là, je n’ai plus la force de me battre. J’ai accompli mon destin ».

« La machine à broyer s’est mise en marche pour détruire, ou abîmer, la vie de plusieurs innocents »

Cette lettre manuscrite, datée du 11 juillet, a été envoyée au journal par la veuve du magistrat qui, une fois informée de son contenu, a autorisé sa publication, a indiqué le quotidien.

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Dans ce courrier de trois pages, le juge Lambert évoque aussi l’affaire Grégory et les récentes mises en examen du couple Jacob et de Murielle Bolle. « Ce énième rebondissement est infâme. Il repose sur une construction intellectuelle, fondée en partie sur un logiciel, écrit-il. La machine à broyer s’est mise en marche pour détruire, ou abîmer, la vie de plusieurs innocents », commente alors le juge.

Jean-Michel Lambert, 65 ans, à la retraite depuis 2014, travaillait à la rédaction d’un onzième roman, Témoins à charge. Dans l’avis d’obsèques, il est d’ailleurs présenté comme « Écrivain » et « Magistrat ». Il avait 32 ans lorsque, le 16 octobre 1984, le cadavre du petit Grégory Villemin, 4 ans, avait été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne. Il est considéré comme l’un des responsables du fiasco judiciaire de l’affaire Grégory.