Affaire Karachi: L'ancien ministre François Léotard mis en examen

JUSTICE Il s’agit de la seconde mise en examen dans ce volet de l’affaire après celle de l’ancien Premier ministre Édouard Balladur…

20 Minutes avec AFP

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François Léotard, le 5 mars 2008.
François Léotard, le 5 mars 2008. — BALTEL/SIPA

Nouvelle mise en examen dans l’affaire Karachi. François Léotard a été mis en examen par la Cour de justice de la République (CJR) dans le volet ministériel de l’affaire qui porte sur des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995, a indiqué ce mardi une source proche de l’enquête.

Entendu le 4 juillet par la commission d’instruction de la CJR, l’ex-ministre de la Défense, âgé de 75 ans, a été mis en examen pour « complicité d’abus de biens sociaux », a précisé cette source confirmant une information du Canard enchaîné. Il s’agit de la seconde mise en examen dans ce volet de l’affaire après celle de l’ancien Premier ministre Édouard Balladur, le 29 mai.

Six protagonistes renvoyés devant le tribunal correctionnel le 11 juillet

Après des années de péripéties judiciaires, la Cour de cassation a confirmé le 11 juillet le renvoi devant le tribunal correctionnel de six protagonistes, dont Nicolas Bazire, ex-directeur de la campagne, Thierry Gaubert, alors membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, et l’intermédiaire Ziad Takieddine.

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Les juges d’instruction s’étaient dessaisis en 2014 des cas d’Édouard Balladur et de François Léotard, au profit de la CJR, seule instance habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.

Une affaire qui remonte à 2002

Le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la Direction des chantiers navals (DCN) explosait à Karachi, tuant quinze personnes dont onze employés français et en blessant douze autres. Tous travaillaient à la construction d’un des trois sous-marins Agosta vendus en 1994 au Pakistan par la France, sous le gouvernement Balladur.

L’enquête antiterroriste avait mis la justice sur la piste d’un financement occulte de la campagne de 1995, grâce à des rétrocommissions -illégales- sur des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite. Une deuxième enquête avait alors été ouverte en 2011 sur ce volet financier, confiée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire.