VIDEO. Paris: Une enquête ouverte après un combat de rue entre un policier et un jeune homme

SOCIETE La vidéo de la scène, diffusée sur les réseaux sociaux, a provoqué l’indignation…

M.C.

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Illustration d'un policier.
Illustration d'un policier. — B. Colin / 20 Minutes

Un combat à mains nues, en pleine nuit dans le 18e arrondissement de Paris, entre un policier et un jeune homme de 20 ans. Quelques coups sont échangés, le policier tombe, le jeune et ses copains s’enfuient et la police repart. Alerté après la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo de cette scène surréaliste, vue plus de 800.000 fois, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, rapporte le Parisien.

Les faits remontent à la nuit du 27 juin, à 3h du matin, dans le quartier Porte de la Chapelle, relate France 24. Des habitants ont installé sur le trottoir une table, un écran et une PlayStation et jouent à Fifa. « La patrouille est venue une première fois », raconte à la chaîne « Dybala », le jeune homme de la la vidéo. « Le policier avec qui je me suis battu par la suite était déjà nerveux et agressif. Il a menacé de nous gazer si on ne rangeait pas la PlayStation. »

Le jeune homme et ses copains s’enfuient, la patrouille repart

Il poursuit son récit : « Nous avions commencé à ranger quand le policier s’est dirigé vers moi et m’a poussé en me parlant mal. Il a fini par me mettre une gifle. Moi aussi je suis nerveux et insolent, alors je lui ai dit de se décaler et de me gifler à nouveau s’il ose. Il l’a fait. » Les deux hommes se battent alors, entourés par un petit groupe de policiers et d’habitants. « Les agents de la patrouille ont dit de ne pas séparer. Et quand le policier est tombé, je l’ai blessé à l’arcade », relate Dybala à France 24.

Lui et ses copains s’enfuient, la patrouille remonte dans son véhicule et repart. « Le policier est repassé deux jours après rue Raymond Queneau, il m’a nargué en me disant t’es content, tu fais le buzz. Cette fois je n’ai pas répondu », assure le jeune homme.

« Les histoires de ce genre, on en connaît tous »

Diffusée d’abord sur la page Facebook de l’Observatoire nationale des violences policières, la vidéo a attiré l’attention sur un phénomène qui ne serait pas isolé. « Faire le coq dans la basse-cour, surtout devant ses collègues, ce n’est pas nouveau, raconte un témoin de la scène à France 24. Les histoires de ce genre, on en connaît tous. »

Interrogé par la chaîne, Quentin Gourdin, porte-parole de l’association de policiers RAID Aventure, dénonce « une pratique d’un autre âge. En quinze ans de carrière dans les quartiers difficiles d’Ile-de-France, dont je suis issu, je n’ai jamais rien vu de tel. C’est un manque de probité et un non-respect de la déontologie. »

Selon le Parisien, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) enquête pour identifier l’agent présent sur cette vidéo. Ces violences constituent un délit, précise France 24, qui peut être puni jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Les policiers risquent quant à eux des sanctions administratives, « qui peuvent aller jusqu’à la révocation », rappelle Axel Ronde, le secrétaire général du syndicat CGT-Police Ile-de-France.