Cherbourg: Un médecin suspendu six mois pour avoir justifié l'extermination des handicapés

JUSTICE Le généraliste avait notamment comparé les handicapés à des « neuneus » seulement utiles « comme cobayes » des médecins allemands…

20 Minutes avec agence

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Le généraliste a été suspendu six dont trois avec sursis (illustration)
Le généraliste a été suspendu six dont trois avec sursis (illustration) — AFP

La chambre disciplinaire de l’ordre des médecins de Basse-Normandie a suspendu un praticien six mois, dont trois avec sursis, pour des propos justifiant l’extermination des handicapés.

En janvier dernier, ce généraliste, qui travaillait pour SOS médecins, s’était rendu au chevet d’un patient lourdement handicapé et hospitalisé dans un établissement spécialisé près de Cherbourg (Manche).

« Parfois, un bon coup de cyanure et paf ! »

Après la consultation, il avait tenu des propos choquants sur le patient auprès d’une infirmière qui avait ensuite rapporté les faits à sa hiérarchie. Il avait notamment défendu la « logique intellectuelle » de l’extermination des handicapés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

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« Selon lui, "les neuneus" n’auraient alors été utiles "que comme cobayes" des médecins allemands », rapporte Libération qui fait état d’une conversation d’environ 40 minutes. « Parfois, un bon coup de cyanure et paf ! », aurait également confié le praticien à l’infirmière.

Le médecin de 55 ans a été présenté le 24 juin devant la chambre disciplinaire du conseil de l’ordre des médecins de Basse-Normandie.

Contraire « au respect de la vie humaine »

L’avocat du praticien a expliqué qu’il aurait interprété le « silence coupable » de l’infirmière comme une « provocation forcée » à poursuivre. Il a aussi rappelé que l’échange s’était déroulé « dans un cadre privé ».

Vendredi dernier, la chambre disciplinaire a rendu sa décision, mais ne l’a rendue publique que ce lundi. Estimant que les déclarations du médecin étaient « contraires au respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité ainsi qu’au principe de moralité », elle l’a condamné à six mois d’interdiction d’exercice, dont trois avec sursis.

La décision prendra effet à compter du 9 octobre.