Ascenseur social: Le sentiment de déclassement reste (légèrement) minoritaire chez les 30-59 ans

DECLASSEMENT Selon une étude de l’Insee, un quart des 30-59 ans ont le sentiment d’être déclassés par rapport à leur père…

20 Minutes avec AFP

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Illustration de jeunes parents.
Illustration de jeunes parents. — GILE MICHEL/SIPA

Et si l’ascenseur social fonctionnait encore (un peu) en France. Selon une étude de l’Insee publiée ce mercredi, en tout cas, « le sentiment de déclassement est minoritaire au sein de la population ».

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Un « sentiment d’ascension sociale » pour 36 % des sondés

Dans le détail, l’institut note en effet qu’un quart des 30-59 ans estiment que le niveau ou le statut de leur profession est « plus bas » ou « bien plus bas » que celui de leur père, malgré une progression globale de l’emploi vers des métiers plus qualifiés.

A l’inverse, près de 36 % des personnes interrogées en 2014-2015 expriment un sentiment d’ascension sociale : 22 % des personnes jugent que leur profession est équivalente à celle de leur père au moment où elles terminaient leurs études, et 9 % qu’elle n’est pas comparable.

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Les femmes et les ouvriers plus touchés

Ce sentiment varie toutefois fortement : il est élevé chez les employés et ouvriers non qualifiés - comme les ouvriers agricoles (45 % d’entre eux se sentent déclassés), les caissiers (43 %) ou les serveurs (40 %) - moins élevé chez les employés et ouvriers qualifiés, comme ceux de l’industrie (21 %), ou encore les militaires, les policiers et les pompiers (17 %).

Minoritaire chez les cadres et assimilés, le sentiment de déclassement en concerne tout de même environ un sur cinq (18 %). Il est particulièrement marqué chez les professionnels de l’information, des arts et des spectacles.

Les femmes se sentent plus souvent déclassées que les hommes : 27 % d’entre elles estiment occuper une position sociale plus basse que leur père, contre 23 % des hommes. « Cet écart s’explique en grande partie par les inégalités de genre sur le marché du travail », où les femmes sont encore surreprésentées dans les emplois non qualifiés, explique l’Insee.

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Une « mobilité sociale descendante » avérée dans 1 cas sur 5

Le sentiment de déclassement n’atteint que 10 % lorsque les personnes interrogées se comparent à leur mère (contre 25 % comparativement au père), illustrant le fait que ces inégalités étaient plus prononcées encore pour la génération des parents.

Afin de confronter le ressenti des personnes interrogées à leur mobilité sociale effective, l’Insee a comparé ces résultats avec une typologie de trajectoires sociales, établie en fonction de la catégorie socioprofessionnelle occupée par les 27.000 personnes interrogées et de celle de leurs parents.

Selon cette typologie, seule environ une personne sur cinq (21,7 %) connait effectivement une « mobilité sociale descendante », selon l’institut.

Toutefois, le lien reste fort entre la mobilité sociale établie et la mobilité ressentie. Environ 53 % des personnes qui connaissent une mobilité sociale descendante se sentent effectivement déclassés par rapport à leur père. Ce sentiment augmente d’autant plus que la catégorie d’origine du père et celle de la personne interrogée sont éloignées.