Affaire Grégory: «Elle s’est fait démonter»... Le cousin de Murielle Bolle s'exprime pour la première fois

JUSTICE Sa cousine lui aurait fait «des confidences» sur l’affaire qu’il a rapportées aux gendarmes...

C. Ape.

— 

Murielle Bolle (à gauche) sortant du tribunal en octobre 1989.
Murielle Bolle (à gauche) sortant du tribunal en octobre 1989. — BENGUIGUI/SIPA

« C’est moi qui ai pris contact avec la gendarmerie, j’en assume entièrement la responsabilité. » Philippe*, 54 ans, sait qu’il a peut-être tout fait basculer. Le cousin de Murielle Bolle, qui a raconté le 17 juin aux gendarmes avoir assisté aux violences subies par sa cousine germaine le 5 novembre 1984, revient pour la première fois dans les colonnes du Parisien, sur son témoignage, qui a entraîné la mise en examen de celle que l’on surnommait « Bouboule ».

« Ce que j’ai déclaré ne m’a pas été volé de la bouche, pas extorqué », explique ce père de cinq enfants. L’homme affirme avoir assisté aux violences dont aurait été victime Murielle. Le soir même, sa cousine lui aurait fait « des confidences » sur l’affaire qu’il a rapportées aux gendarmes. Alors que le lendemain des faits, le soir du 5 novembre 1984, Murielle, elle, se rétracte pour disculper Bernard Laroche qu’elle venait d’accuser.

>> A lire aussi : Le compagnon de Murielle Bolle pense qu'elle «est innocente»

L’interpellation des Jacob, un « déclic »

Mais qu’est-ce qui a poussé cet homme à témoigner trente-deux ans après les faits ? « Il y a eu un élément déclencheur, c’est l’interpellation des époux Jacob (Marcel et Jacqueline, grand-oncle et grand-tante de Grégory), le 14 juin. Voilà le déclic, explique-t-il. Tout s’est remis en place dans ma tête. Je me suis dit, Murielle ne peut plus mentir. Murielle qui m’avait confié une chose 32 ans en arrière, chose que j’ai toujours eue dans la tête. »

Infographie sur la famille Villemin.
Infographie sur la famille Villemin. - LAURENCE SAUBADU, VINCENT LEFAI / AFP

Il poursuit : « oui, j’ai vu Murielle subir des coups, et je n’en démordrai pas ! Cette scène, je l’ai vue de mes yeux vus, j’y ai assisté », martèle-t-il. Il refuse toutefois de confirmer ces faits au quotidien.

>> A lire aussi : Cette nuit de 1984 où Murielle Bolle a subi un «recadrage en règle» par sa famille

« Celui ou ceux qui ont tué Grégory doivent payer »

« A l’époque, quand on a appris l’incarcération de Bernard (Laroche, NDLR), on est tous monté dans les Vosges. […] Je peux vous dire que Murielle s’est fait démonter, je veux dire qu’elle a été frappée par plusieurs personnes, elle a pris une sacrée volée. Ça m’attriste encore aujourd’hui. Parfois, je me dis que j’aurais peut-être pu intervenir. Mais j’avais à peine plus de 20 ans… Après ces violences, Murielle est sortie. Elle pleurait. C’est là qu’elle m’a fait des confidences en plus sur l’affaire », dit l’homme, se refusant à plus de commentaires.

>> A lire aussi : Les trois objectifs des enquêteurs pour éviter un nouveau fiasco judiciaire

Il souligne ne pas avoir « voulu enfoncer Murielle », qu'« il n’y a aucune vengeance ». Il pense ainsi que « Murielle est une victime », « une gamine qui a beaucoup souffert », et avance avoir agi selon ce que lui dictait sa conscience. Philippe est prêt à maintenir ses propos face à sa cousine. « Je vais sans doute avoir une confrontation avec elle. Je le sais. »

Avant de revenir sur sa vision de cette histoire qui demeure un mystère. « Si vous me demandez si Bernard Laroche a pu tuer le petit, je vous dis non, c’est mon intime conviction. » Mais « un gamin de 4 ans est mort. Qui que ce soit, celui ou ceux qui l’ont tué doivent payer ».

 

*Le prénom a été modifié